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BREFS ET AUTRES

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10 mai 2023

POUR SALUER TRISTAN CORBIERE

POUR SALUER TRISTAN CORBIERE

« Sicelides Musae, paulo majora canamus. »
(Virgile cité par Tristan Corbière)

« Muses de Sicile, chantons des choses un peu plus élevées. »

Et toi, na ! Âge et trois monts ; - Jésus ? Je veux, neveu !
Ça s'use le V (pas çui des victoires mais çui qui : a-t-il beaucoup baisé?)
Taich'-tu oh jeunot, tu ne connais pas les fleuves, ni les meuh
Qu'épluche l'âme fritée, écœurée, froissée, frissonnée...

Qu'étoile me pare, ô conne était mon âme !
Pourri ? Qu'est-ce que c'est (susurre mon âme bourvil) ? L'âge ? L'âme ?
Youkaïdi-youkaïda ! si on a une - ah on s'ra sauvé eh pardi, par l'âme !
Etudies-tu les fées (filles magiques!) ; l'as-tu mise à rêver, ton âme ?

Jaunerie épicétou ! Doux temps ? Sang coule...
Tu ris des chakras et des crachats aussi, tiens, c'est sain !
La voilà, cool, l'âme saoule, un peu qu'tu coules,
Vieux feuilleton, sec croûton, ancré, sans un !

Cochons ensemble ! C'est bien ça, camarades ?
Monte là ! C'est du flan sur du flan, râlade et grouic politique !
Paix, les hommes, ô frères ! N'est-ce pas la Camarde
Qui prévaut ? Le Temps nous le rappelle-t-y, qui toque et – couic !

Note : Jaunerie épicétou, épicéqu'tu tousses !

Patrice Houzeau
Malo, le 10 mai 2023.

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9 mai 2023

LES MOTS EMBELLISSENT (C'est où ?)

LES MOTS EMBELLISSENT (C'est où?)

1.
Agatha Christie, « La Maison du péril » (Club des masques n°152, traduit par Louis Postif). Ce « Peril at End House » de 1932 est un de mes Agatha Christie préférés, pour la personnalité de Nick Buckley, qui, - j'étais alors adolescent niais -, me parut si délicieusement moderne et attrayante. Il est question d'attachement à une vieille maison, d'aviateur disparu, de châle fatal, d'un testament introuvable, de l'ironie d'une boîte de chocolats et de son double, d'une séance de spiritisme. L'épisode de la série « Les Petits Meurtres d'Agatha Christie » qui en fut tiré (avec Antoine Duléry et Marius Colucci) est pas mal lui aussi, mais en nettement moins machiavélique.

Citation :
«  - Poirot ! m'écriai-je, j'ai réfléchi.
- Félicitations, mon cher ; c'est un excellent exercice, je ne saurais trop vous engager à continuer. »
(« La Maison du péril », début du chapitre II [Hastings])

2.
Jacques Martin, « Le Dieu sauvage » (Alix, #9, 1970). Bande dessinée, Un bon album de péplum. Où l'on comprend que le dieu en soi n'a rien de surnaturel et que c'est l'image qu'on en donne qui fait la force des croyances. Atmosphère à mystère donc à cause de la statue de « l'étrange idole » qui, page 18 (édition Casterman) « fait son entrée dans le temple ». Page 14, Alix la trouve « insolite », cette statue, au « corps fait d'un alliage » qu'il ne connaît pas et qui, page 26, s'illumine d'une « étrange lueur ». Il est question aussi de miracles, de mauvais augure, d'une tempête de sable, de la résistance des Cyrénéens à la colonisation romaine, de tragédie, de la mort d'une reine, de la ruine d'une cité, et d'un « sourire indéfinissable ».

3.
Bien joli, ce récit du « Madame Chrysanthème » de Pierre Loti (1888). Joli et d'une singulière profondeur. Chapitres très brefs (de deux à six pages), poème en prose ; journalisme d'art ; beaucoup d'humour et de mélancolie. Ce livre autobiographique (sur Wikipédia, à la notice « Madame Chrysanthème », on trouve une photo qu'ayant lu le livre, on peut trouver émouvante) se situe au Japon. Mariage arrangé et provisoire (le temps du séjour de l'officier français à Nagasaki). Multitude de détails sur la vie quotidienne des Japonais de la fin du 19ème siècle vue par un Français.

« Ici, au contraire, les mots, justes cependant, sont trop grands, trop vibrants toujours : les mots embellissent. Je me fais l'effet de jouer pour moi-même quelque comédie bien piètre, bien banale, et, quand, j'essaie de prendre au sérieux mon ménage, je vois se dresser en dérision devant moi la figure de M. Kangourou, agent matrimonial, à qui je dois mon bonheur. »
(Pierre Loti, « Madame Chrysanthème », chapitre VIII)

Autre citation :
« On vend aussi toute sorte d'instruments de musique ; beaucoup de ces trompettes en cristal dont le son est si étrange, mais d'énormes, ce soir : deux mètres de long pour le moins : le bruit qu'elles font ne ressemble plus à rien de connu ; on croirait entendre au milieu de la foule des dindons gigantesques, gloussant pour faire peur. »
(Pierre Loti, « Madame Chrysanthème », chapitre XXXIV)

4.
Apollinaire, « Clotilde », in « Alcools ». Pour sa brièveté, trois quatrains en vers de 7 syllabes, et parce qu'il évoque la mélancolie, « entre l'amour et le dédain », du marcheur amoureux, du marcheur, du marcheur, du passant, j'aime bien le « Clotilde » d'Apollinaire.

« L'anémone et l'ancolie
Ont poussé dans le jardin
Où dort la mélancolie
Entre l'amour et le dédain »

J'aime aussi cette notation de rien, le passage de nos ombres qui ne tiennent qu'au soleil, et qui, comme lui, sont vouées à disparaître.

« Il y vient aussi nos ombres
Que la nuit dissipera
Le soleil qui les rend sombres
Avec elles disparaîtra »

Cette image aussi : cheveux des nymphes... font des lignes... ce sont les « eaux vives » tandis que siffle à la rime le son « v ».

« Les déités des eaux vives
Laissent couler leurs cheveux
Passe il faut que tu poursuives
Cette belle ombre que tu veux ».

Patrice Houzeau
Malo, le 9 mai 2023.

8 mai 2023

QUOI QU'IL EN SOIT ET QUOI QU'IL EN COÛTE

QUOI QU'IL EN SOIT ET QUOI QU'IL EN COÛTE

1.
Selon Wikipédia, l’hermine que tient la Dame du célèbre tableau de Léonard de Vinci serait en fait un furet albinos.
Moi, je ne sais pas.

Le furet albinos est « blanc aux yeux rouges et au nez rose », et s’il n’est pas « blanc aux yeux rouges et au nez rose », ce n’est pas un furet albinos mais un furet putoisé. Ce n’est pas non plus un morceau d’emmenthal, ni un pirate des Caraïbes, ni un laitier qui a beaucoup pleuré.

On ne fait pas de frites avec un furet car nul furet ne fait de frites, sinon cela s’appelle une friteuse. Si c’est pour le café, c’est une cafetière : si c’est pour le fracas, c’est la foudre et si c’est pour la pêche, il faut une canne à.

Le nom « furet » vient du latin « fur » qui signifie « voleur ». Le furet ne fait pourtant pas de politique.

Le furet a été l’alibi d’une contrepèterie persiffleuse et raille-le-ratichon bien connue, mais que je cite quand même :

« Il court, il court, le furet,
Le furet du bois, mesdames,
Il court, il court, le furet,
Le furet du bois joli. ».

Dans la nouvelle « Sredni Vashtar » de l’écrivain anglais Saki (1870-1916), un furet joue dans l’imaginaire d’un petit garçon de dix ans le rôle d’une divinité féroce et impatiente.

Mon oncle n’a pas de furet, mais il oublie souvent son parapluie.

2.
Pour faire une omelette, il faut des œufs. Pour avoir des œufs, il faut des poules, et donc un poulailler. Il y a aussi la supérette du coin.

L’omelette dite « Renaissance », ou encore « La Macronienne » se fait avec des œufs qui coûtent de plus en plus cher. Certains, comme Bruno Le Maire, l’aiment « dilatée comme jamais ».

Pour faire une omelette, il faut savoir casser des œufs. C’est ce que démontre la politique du président Macron, qui réussit ce tour de force de casser de plus en plus d’œufs pour des omelettes de plus en plus petites.

L’omelette, quand elle est bien baveuse, est parfaitement politique. Ce n’est d’ailleurs pas pour Rien (c’est le nom de mon chien) que les technocrates sont appelés « têtes d’œufs ».

3.
Les grands intellectuels de gauche, dont on cause sur France Culture, il est de bon ton de les citer, et de faire savoir qu'on les connaît, ça peut aider en politique. Évidemment, on aura aussi le bon goût de ne pas s'en inspirer.

4.
Le piano est un instrument si nostalgique que défois j'ai l'impression qu'il va se mettre à déclamer d'la poésie dans une langue que je ne comprends pas, mais qu'ça sera bien émouvant tout d'même allez.

5.
D'une émission sur France Culture, je tire cette conclusion : on ne pourra réduire la dette publique française (2 950 milliards d'euros, 110 % du PIB) sans augmenter les impôts. On ne pourra pas, quoi qu'il en soit et quoi qu'il en coûte, réduire la dette en raison des problèmes liés aux changements climatiques en cours. Est-il à craindre que nous aillions, en dépit de ce que disent Macron et Le Maire, vers une augmentation des impôts et en même temps un alourdissement de la dette de l'Etat ?

Je n'en sais rien, mais je comprends mieux pourquoi tant de gens ont intérêt à minimiser les conséquences des changements climatiques (sans parler des autres soucis : surpopulation, agressivité de la Russie, circulation des virus, raréfaction des ressources, inflation...).

Si cette situation n'est pas propre à la France mais se mondialise, sont à craindre :

- troubles sociaux et radicalisation des politiques nationales
- tensions entre Occident et Eurasie, entre pays du Nord et pays du Sud
- résurgence du terrorisme international.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 mai 2023.

8 mai 2023

COMME ÇA DIT QU'C'EST

COMME ÇA DIT QU'C'EST

Il ne neige plus sur les bigoudis
Depuis longtemps des années ça
C’est une affaire de climat
Dis c’est-y vrai qu’on tagadi-tagada qu’on s’ra tous frits ?

J’vais boire un café
J’vais boire un whisky
Comme ça dit qu’c’est tout pourri
Laisse donc causer.

Il ne neige plus sur les bigoudis
Depuis longtemps des années si
Tombe kekchose c’est tuiles et soucis
Dis c’est-y vrai qu’on tagadi-tagada qu’on s’ra tous frits ?

Y a plus d’violon
Le rat l’a volé pi les chansons
Y a plus d’guitare plus d’swing plus d’violon
C’est l’fantôme à Léon qui joue d’l’accordéon.

J’vais boire un café
J’vais boire un cognac
Comme ça dit qu’tout s'détraque
Laisse donc causer.

Il ne neige plus sur les bigoudis
Depuis longtemps des années oh
Plus d’bonhomme pi plus d’chapeau
Dis c’est-y vrai qu’on tagadi-tagada qu’on s’ra tous frits ?

Y a plus d’paix sur la terre aux gens de bonne volonté, y a plus
Qu’la face à Poutine aux actualités, pi qu’ça pue
Qu’en Europe ça s’mette à s’massacrer, dis à quoi c’est dû
Qu’on soit tagadi-tagada si bas rendus ?

J’vais boire un café
J’vais boire un coup d'gnôle
Comme ça dit qu’c’est tout guignol
Laisse donc causer.

Il ne neige plus sur les bigoudis
Depuis longtemps des années qu’avec ça
Tout coûte qu’ça fait des tracas
Dis c’est-y vrai qu’on tagadi-tagada qu’on s’ra tous frits ?

Patrice Houzeau
Malo, le 8 mai 2023.

7 mai 2023

POUR MOI UN MYSTERE EN SOI

POUR MOI UN MYSTERE EN SOI

1.
Hervé Le Tellier, « L’Anomalie » (Gallimard, 2020). Littéraire qu’au début, je me suis dit : c’est quoi, ces nouvelles avortées aux airs de travail appliqué d’auteur consciencieux, et puis, au milieu du roman, « l’Anomalie » vous rattrape. Et c’est marrant et vite intéressant (le chapitre des hypothèses et celui des réactions religieuses sont remarquables). Il est question de faille spatio-temporelle, de double et de beaucoup de koikis’passe là. « L'Anomalie » de Hervé Le Tellier, à mon sens, est déjà un classique, de la SF, de la littérature, de l'intelligence. Foisonnant, impressionnant, lucide.

Citation : 
« - Aspirant Wayne, votre mission consiste à capturer ce fauve, sans le blesser...
Le grand blond ouvre la chemise et de larges yeux étonnés.
- Mais... c'est une grenouille ?
- C'est un crapaud. Il s'appelle Betty, comme tout le monde. Ramenez-le-nous dans son vivarium. »
(Hervé Le Tellier, « L’Anomalie », p.236)

2.
Je ne sais pas si « Me semble que c’est facile » de Lisa Leblanc est la plus belle chanson d’amour de je ne sais où des quatre coins, mais me semble que c’est facile une très honnête et émouvante.

Citation :
« J’aime ben la personne que chu
Quand j’suis avec toi
Pi j’aime ben la personne que t’es
Quand t’es avec moi. »
Rangez vos orchestres, suffit d’une guitare.

3.
Simenon, « Les Scrupules de Maigret ». Un huis-clos de 1957. Il y est question de neurasthénie, de femmes, d'amants, de poison, de revolver, de petits trains électriques. Efficace. Bref. Professionnel.

« Ce qu'il avait à faire, cette fois, c'était, non pas reconstituer les faits et gestes d'un être humain, mais prévoir son comportement, ce qui était autrement difficile. »
(Simenon, « Les Scrupules de Maigret », chapitre VI)

4.
Philippe Sollers, « Légende » (folio n°7053) : Brillant carnet de notes. Vif, court (et c’est appréciable). Des considérations sur la pensée chinoise (personnellement, je m'en fous), sur l'alchimie (Breton, et aussi le fameux « Mystère des cathédrales », jadis évoqué par Pauwels et Bergier dans « Le Matin des magiciens »), Hugo (de belles pages), Rimbaud, les femmes, l'avenir du monde, la peinture, Mozart, l'Histoire, les changements sociétaux, d'autres choses encore et des indiscrétions, tout ça non sans élégance, ironie, provocation. Pas mal de citations. Je ne sais pas si elles sont exactes. Peu importe : personne ne demande à un livre de Sollers de dire la vérité.

Citation : « Et, d'ailleurs que faisait Rimbaud en Italie, à Milan, chez cette veuve charmante (« vedova ») qui a eu la gentillesse de l'accueillir, et à qui il enverra un exemplaire d'Une Saison en enfer ? »
(Philippe Sollers, « Légende », p.95)

Réponse du chroniqueur (ma servitude) : Chaipas, - des escalopes ?

Note : Ai cru percevoir quelque ironie à propos des étranges coups dans les murs que Victor Hugo prétend avoir parfois entendus. Sollers a tort : ces coups inexpliqués dans les murs, ces pas sans personne dans le couloir, sans personne dans les escaliers, ces petites anomalies du réel, je les ai connues aussi.

5.
La Neuvième Symphonie de Beethoven, épaté je suis chaque fois que je l'entends. Incomparable. Les musicologues expliquent sans doute de quoi est fait le génie de cette œuvre qui me semble échapper à toute classification. J'en suis, étant très poutre en tout, parfaitement incapable. Et peu m'importe. Cette œuvre prodigieuse est pour moi un mystère en soi.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 mai 2023.

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6 mai 2023

NE GAREZ PAS VOTRE ELEPHANT DANS VOTRE ASSIETTE

NE GAREZ PAS VOTRE ELEPHANT DANS VOTRE ASSIETTE

1.
Je n'ai pas eu beaucoup de femmes dans ma vie, mais elles n'ont pas toutes comptées.

2.
6 mai 2023. J'entends sur France Inter évoquer une étrange affaire de corruption dans laquelle seraient impliqués des officiels indiens, Thalès, Dassault, d'autres bienveillants sans doute, et qui concerne des ventes d'armement... Ah la surprise, ma chère Denise !... comme si on ne savait pas que le commerce mondial de l'armement est ultra-corrompu... le contraire serait étonnant, et que la France ne puisse plus « fluidifier », selon le mot fameux d'un ancien facilitateur des négociations en coulisses avec certains syndicalistes de l’Éducation nationale, que la France ne puisse plus les fluidifier donc, ses tractations sur ses machines à dépeupler (merveilles de technologie qui finissent assez invariablement par tuer des mômes), voilà qui serait inquiétant... Pour ça je suis bien tranquille, c'est bien tout pourri comme il faut... pour ça, voyez, que je ne vote pas.

Et n’allez pas me raconter qu’un autre monde est possible, parce que j’ai cessé depuis longtemps de croire et au Père Noël et en la bienveillance des politiques.

3.
On ne met pas un éléphant dans son assiette si on n’est pas sûr de la finir.

4.
L’humain est un problème.
On dit que chaque problème a sa solution.
Peut-on dire que chaque humain a sa solution ?
Certes, l’immortalité pourrait poser problème.

5.
En français, « passer par la porte » et « passer par la fenêtre » ne donnent pas le même résultat.

En France, quand on déplaît, on peut éventuellement passer par la porte pour ne plus y revenir (parfois on passe par la porte d’un placard et l’on y reste).

Dans la Russie de Poutine, à un certain niveau, quand on déplaît, il arrive que l’on passe par la fenêtre.

6.
Le 6 mai 2026 il pleuvine sur la digue
Je regarde un « Enfants du Rock » Elle
Est de mon adolescence l’émission Il y
Avait Antoine de Caunes qui présentait
Des tas d’électriques épatants Là elle
Montre David Bowie qu’c’était un génie
Peut-être bien y en a qui disent qu’ma
Pomme elle en sait rien because je m’y
Connais plus en âneries qu’en génie là
L’émission elle date de 1983 je buvais
Déjà d’la bière à cette époque & là je
Bois d’la bière itou zieutant Bowie je
Bois d’la bière Bowie répond qu’il est
Plus sûr d’être David Bowie que par le
Passé oùsqu’il était Ziggy Stardust et
Chaipaqui encore car l’univers à Bowie
Je le maîtrise mal Buvant d’la 3 Monts
Je regarde le clip de Let’s Dance avec
Les yeux de la nostalgie J’sais pas si
C’est génial mais c’est vraiment bien.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 mai 2023.

6 mai 2023

HURRAH !... ET LE FOSSÉ DERRIERE...

HURRAH !... ET LE FOSSÉ DERRIERE...

(Notes de lecture)

1.
Ira Levin : « Les Femmes de Stepford » (J'ai Lu SF, 1993, illustration de Caza, traduction : Tanette Prigent et Noman Gritz). Science-fiction proche de nos actualités. Roman féministe ? Pose le problème de la distinction entre robot et humain. Roman court (c'est appréciable).

2.
André Breton : « Arcane 17 » (10/18, 1975). Prose très travaillée, poétique, parfois aux limites de la préciosité et de l'emphase. Entre autres considérations, pose le problème de l'enseignement de l'Histoire et du roman national (par exemple, ce qu'on conta aux écoliers de Robespierre et de Louis XVI, aussi de Napoléon). Évoque les querelles concernant, - l'auteur ne s'étant pas encore fait connaître -, le statut du « Silence de la mer », de Vercors : propagande allemande ou chef d’œuvre de littérature résistante ? Ailleurs, Breton alambique sur la présence de la tradition occultiste chez certains auteurs (il y tenait, Breton, apparemment, aux sources ésotériques de l’œuvre de Rimbaud) et aussi d'étranges « incidents » que Breton présente comme authentiques. Surréalisme et merveilleux.

3.
J. Oriano, « B comme Baptiste » (1981, réédition en « Carré noir » d'un « Série noire » de 1971). Polar. Style imagé avec verve et gouaille, façon Frédéric Dard, Michel Audiard, Léo Malet. La France de la fin des années 60. Amusant. Ironique. Réaliste. J'aime bien, pour le style et l'intrigue type « coup monté » avec chantage, jolie fille, pigeons. Le narrateur patauge dans le bizarre, et le brouillard ne se lève pas tout de suite.

Citation : « D'habitude on n'ouvrait pas à cause du bruit, mais ça m'était égal, cette nuit. Je me relevai et poussai fenêtres, volets et tout. La lune cavala dans la chambre, toute blanche, comme en chemise. »
(J. Oriano, « B comme Baptiste », chapitre X [le narrateur])

4.
Khalil Gibran, « Le Prophète » (Pocket, traduit par Didier Sénécal). Texte bref du genre à avoir dans ses affaires si l'on aime la poésie à visée philosophique. Suite de préceptes qui rappellent quant à la forme « Ainsi parlait Zarathoustra », en moins hermétique. Peut agacer ; peut fasciner. Intéressant.

5.
Michel Audiard, « La nuit, le jour et toutes les autres nuits » (Denoël, 1978). Célinien. A garder et relire. Un genre d'ironie vacharde et mélancolique, parfois très amère, parfois émouvante, et que l'on ne publierait sans doute plus aujourd'hui, (c'est qu'il est revenant, le temps des hypocrisies). Roman ça se dit, mais se pourrait que le narrateur en dise beaucoup sur l'auteur. Peut mettre mal à l'aise à cause des évocations de la Libération. A dû choquer lors de sa publication.

Aux pages 154-155, Audiard évoque la maison de Céline : « Rien qu'une bicoque sans passé, ni avenir, construite sur l'autre, la maudite, celle partie en fumée avec les manuscrits, les lettres, toute la paperasse et les pinces à linge. Une gentille apocalypse tout à fait conforme au répertoire. »

6.
Tristan Corbière, « A ma jument Souris » (in « Les Amours jaunes »). La poésie, c'est le style, et le contenu n'est que prétexte à virtuosité. J'aime les petites pièces des poètes dits « mineurs » (Corbière, Laforgue, Fourest,...) qui ne prétendent pas au De rerum natura, mais qui vous retiennent la cafetière à l'ironie. « A ma jument Souris » est de ces petits bijoux... mêle les images de l'amante et de la jument... Choquant ? Bah oui, pour ceux qui prennent la littérature pour un réservoir d'idées à préparer des révolutions qui commencent toujours par des coups d'éclat pour finir par des cous coupés... J'en apprécie l'autodérision du premier quatrain :

« Pas d'éperon ni de cravache,
N'est-ce pas, Maîtresse à poil gris...
C'est bon à pousser une vache,
Pas une petite Souris. »

Pré-surréaliste aussi, si l'on considère :

« J'agace, du bout de ma botte,
Ta patte d'acier fin qui trotte.
Va : je ne suis pas cavalier... »

Cette « jument à poil gris » et « patte d'acier fin » me laisse songeur...

J'aime aussi ce « Hurrah ! » qui ponctue les deux derniers quatrains, car j'aime le swing et la clameur du virtuose à son métier... Et l'usage des trois petits points... Pré-célinien, tu crois ?

« Hurrah ! c'est à nous la barrière !
Je suis emballé : tu me tiens -
Hurrah !... et le fossé derrière...
Et la culbute !... - Femme, tiens !! »
(Tristan Corbière, « A ma jument Souris »)

Patrice Houzeau
Malo, le 6 mai 2023.

5 mai 2023

NOUS ON FOUT DES COUPS (chanson à coups d'sons)

NOUS ON FOUT DES COUPS (chanson à coups d'sons)

A mettre sur une musique élégante et distanciée avec de jolis choeurs féminins façon Baxter Dury dans « Slumlord » ou « I'm Not Your Dog » ou sur du trois accords à la punk bien énervée.

Non mais vise-moi la bombasse
Sortez ma pomme de la fascination
Non mais vise-moi la bombasse
C'est le genre de gonzesse qu'j'ai en affection

Pisse pas à côté
Pass' la monnaie
Haleine de poney
Dents cassées

Uh uh c'est moi Mickey le clown
L'enfant d'sa le fils d'son chuis un peu
Moi j'adore la foufffoounnnne
La bièreuh les nerfs de bœufs la beuh la bièreuh

Non mais vise-moi la bombasse
Sortez ma pomme de la fascination
Non mais vise-moi la carcasse
C'est le genre de bagnole j'en ai des frissons

J'bosse faut bien sinon tu crèves
La nuit je dors la nuit je rêve
Que j'poursuis des chats
Défois j'aboie pis j'ai la fièvre

Si je chante c'est pour qu'on m'écoute
T'aimes pas s'que j'dis
Fais gaffe j'vas t'en donner moi du quoi qu'il en coûte
Barre-toi ou j'te frite j'te frite j'te frite j'te dis

Non mais vise-moi la bombasse
Sortez ma pomme de la fascination
Non mais vise-moi la gambasse
C'est le genre de galbée j'en ferais bien mon gueuleton

Cause pas à ma sœur
'Spèce de chômeur
J'vas t'faire peur
T'vas chier ton cœur

Demain c'est la grève la manif
J'vas mett' mon paletot noir gueuler Macron dégage
Casser des vitres piquer des sous-tifs
C'est pour ma sœur Si on m'prend on m'met en cage

Non mais vise-moi la bombasse
Sortez ma pomme de la fascination
Non mais vise-moi s'te mélasse
C'est plein d'gaz qu'ça chiale oh putain la baston

Bordel bordel et opinel
Çui-là quelle brêle
Passe-moi un manche de pelle
Qu'j'lui rectifie sa gamelle

Casser des vitres j'te dis casser des gueules aussi
D'toute façon on ira tous au paradis ou dans l'trou à rats
Bouffeurs de frites de riz de macaronis de paella
Mickey Le Clown Macron Mélenchon Tous les aut's cons aussi

Non mais vise-moi la bombasse
Sortez ma pomme de ma consternation
Qu'j'en ai plein le trognon
Nous tu veux quoi qu'on fasse ?
Nous on fout des coups
Nous on fout des coups
Nous on fout des coups
Des coups des coups des coups.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mai 2023.

5 mai 2023

LANTERNES A ZOZOS

LANTERNES A ZOZOS

1.
La rétribution des stages dans les LP, insuffisante... 50 à 100 euros par semaine... pas grand chose, peanuts... mais déjà quelque chose... avant, c'était nada... Les guignols de dire que c'est aux entreprises de payer, pas à l'Etat... bah oui, et comme ça, sûr que les entreprises n'en prendront plus du tout, hein, des stagiaires...

Quant à l'allocation Mélenchon, - un salaire, en fait -, bin tiens, mais alors, les lycéens deviennent des salariés à part entière, et hop en avant pour la soviétisation des lycées (bin oui, puisqu'ils pourraient dès lors, les lycéens professionnalisés avant l'heure, - des apprentis de fait -, revendiquer des droits de représentativité égaux à ceux de toutes les parties prenantes du système éducatif).

Après, il y a les bonnes âmes qui s'offusquent que l'on rétribue des élèves... qu'c'est pas moral... que l'on ferait mieux d'augmenter les salaires des parents... Bin oui, l'un n'empêche pas l'autre... Faut se battre sur les deux fronts : de meilleurs salaires et une prime incitative pour les stagiaires des LP... Si, si, c'est possible.

Y a un zozo qui s'offusque de la création d'un « bureau des entreprises » alors que les professeurs n'ont pas de bureau personnel... Cornichon... le « bureau des entreprises » s'appelait auparavant « bureau des stages », et c'était bien pratique... quant au bureau perso, pour quoi faire, prétentieux ?

2.
« Le ciel protège Troie » assure Agamemnon... on sait que non... ce sont des hommes qui protègent Troie, et des hommes qui abattent Troie... Le Ciel n'y peut rien... Aux dieux leurs querelles ; aux humains leurs guerres... Prigojine a raison : sans munitions, impossible de prendre Bakhmut... Poutine aussi impuissant qu'un dieu dans une fable et aussi criminel qu'un humain qui raisonne comme une casserole...

3.
Il y a Mathieu Slama, sur Twitter, qui dit : « réduire le temps de travail, décroître, répartir les richesses »... il a raison qu'c'est beau mais c'est de l'utopie... pas comme ça que l'homo homini lupus fonctionne... lui faut du conflit, des richesses, du danger à l'homo homini lupus, sinon il s'ennuie et il écrit des essais dont tout le monde i s'en fout... c'est pas parce que le Père Noël distribue des cadeaux qu'il existe... Après, de bons apôtres guimauvant réduction du temps de travail, décroissance et répartition des richesses tout en s'en mettant plein les fouilles, ça existe aussi (je ne sais pas si c'est le cas de Slama et je m'en tape)... Quant à la dénonciation de «l' idéologie de l'entreprise » que Macron ferait rentrer dans les collèges, j'pige pas : il veut sans doute dire, « l'idéologie de la libre entreprise » (libéralisme, liberté d'entreprendre, propriété privée)...

Autre lanterne à zozos : le fameux « esprit critique » que l'on devrait faire rentrer dans les caboches... je vous l'dis, la plupart des élèves des LP, ils s'en tamponnent le coquillard de l'esprit critique... ce qu'ils veulent, c'est un moyen de s'en sortir, d'y rentrer dans la consommation de masse... oui, je sais, l'espèce humaine se condamne elle-même... et alors ? Au nom de quelle transcendance une espèce invasive, agressive, ogresse de ressources et en surnombre devrait-elle continuer à croître et à se multiplier sans risquer de disparaître ?

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mai 2023.

5 mai 2023

PRIGOJINE A BAKHMUT

PRIGOJINE A BAKHMUT

1.
L'est humain, l'Agamemnon, il hésite et n'en croit pas ses dieux...
« Non, je ne croirai point, ô ciel, que ta justice
Approuve la fureur de ce noir sacrifice.
Tes oracles sans doute ont voulu m'éprouver ;
Et tu me punirais si j'osais l'achever. »
(Racine, « Iphigénie », I,1)

Prigojine à Bakhmut, en croit ses morts... Dans la nuit du 4 au 5 mai 2023, nouvelle vidéo... les prend à témoins, les cadavres... Furieux, il s'en prend avec des noms d’oiseaux à l'Etat-major russe... « Shoygu ! Gerasimov ! Where is the f.cking ammo ?! » qu'il clame... Elles sont où, les putains de munitions... les mercenaires de Wagner, chair à canon de l'armée russe, pas mécontente d'affaiblir Prigojine, ça se peut... problèmes de logistique... Bakhmut vire Stalingrad...

Insulte beaucoup, Prigojine... autre taureau furieux... On y pige que couic à l'opération spéciale de Poutine en Ukraine... Immense bain de sang que ça aura été... renforcement de l'OTAN et affaiblissement de la Russie... Insulte beaucoup, Prigojine... C'est-y leur en dire assez ? « le reste, il le faut taire », dit l'Agamemnon racinien...

« Wovon man nicht sprechen kann, darüber muss man schweigen. », « Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence » klaxonne la dernière proposition du « Tractatus logico-philosophicus » de Wittgenstein... s'en moquent, certains... faut voir... les grands massacres annoncent quels règlements de comptes, couteaux tirés, vendettas, chiens lâchés... Prigojine ne croit pas si bien dire... « These are someone's fathers and someone's sons »... pères et fils sont ces cadavres... présent de vérité mortelle... A vie maintenant que Poutine devra se méfier du mystère des poignards volants... dingo parano va finir... Et Choïgou et Guerassimov et sa f.cking « guerre hybride », et Prigojine... et tous les autres furieux, Medvedev, Peskov, Lavrov... pourraient le payer de leur peau, l'immense cimetière sous la lune... et la langue de leurs assassins pourrait bien être le russe...

2.
Scène 1, l'Agamemnon racinien refuse de sacrifier sa fille Iphigénie pour que les dieux laissent les vents se lever... faut pas qu'elle vienne en Aulide, Iphigénie... « Si ma fille une fois met le pied dans l'Aulide, / Elle est morte. »...

Scène 2, fatalitas et patatras ! Achille se réjouit de l'arrivée prochaine d'Iphigénie... le destin, c'est rien qu'du contrariant...

3.
En France, Marlène Schiappa, des soucis à se faire... « fonds Marianne »... beaucoup de sous débloqués suite à l'assassinat de Samuel Paty et distribués à des associations pour d'étranges usages apparemment... justice saisie, on dit... Macron chaipas, mais la Macronie, quelle gabegie !... La France des politiques quoi, fraudeuse, crapuleuse, menteuse, magouilleuse, taxeuse et donneuse de leçons... Après, y a les élections... les voleurs succèdent aux voleurs, sous vos applaudissements, m'sieurs-dames électeurs, électrices, cocus... défois même, y en a, ce sont les mêmes...

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mai 2023.

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