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BREFS ET AUTRES

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8 janvier 2023

APRES LE QUOI QU'IL EN COÛTE LE SAUVE QUI PEUT ?

APRES LE QUOI QU'IL EN COÛTE  LE SAUVE QUI PEUT ?

1.
Penser que sous prétexte d'éventuelles négociations avec des Etats-voyous, il faudrait suspendre le droit de caricaturer, c'est commettre une erreur tragique. Si l'on admet cela, n'importe quel assassin au pouvoir pourrait prendre des Français en otage et exiger le respect. La France doit montrer au contraire qu'elle ne craint pas les mollahs iraniens et exiger la libération sans aucune condition des Français arbitrairement emprisonnés. On ne s'abaisse pas devant des gangsters.

Les caricatures visant Khamenei publiées par Charlie-Hebdo ne sont pour la théocratie iranienne qu'un prétexte. Ce qui soucie réellement les mollahs, ce sont les sanctions économiques. Il ne faut donc ni céder sur les sanctions, ni sur la liberté d’expression de Charlie-Hebdo.

2.
Poutine perd sa sale guerre en Ukraine sur le champ de bataille, perd sa guerre économique, perd sa guerre politique. Ironie de la dissuasion nucléaire, en négligeant son armée conventionnelle, ses armes de géant l'empêchent de marcher.

Le conflit russo-ukrainien aura rappelé à la Triade que pour être réellement efficace, la défense de nos démocraties doit disposer et de la dissuasion nucléaire et d'armées conventionnelles performantes. Si vis pacem...

3.
Un technocrate commence par répudier avec mépris les solutions relativement évidentes, élabore des systèmes de résolution sophistiqués qui s'avèrent vains pour en revenir en fin de compte aux solutions relativement évidentes et afficher alors la supériorité de son esprit.

Je n'apprécie guère la personnalité d'Emmanuel Macron, mais je n'oublie pas qu'il a été légitimement élu et qu'il est démocrate. Aussi, ceux qui disent « haïr » Macron ne savent pas ce qu'ils disent. S'opposer n'est pas haïr.

A moins, bien sûr, d'être anarchiste, mais en ce cas, ce n'est pas la personnalité Macron qui est visée, mais la fonction même de chef d'Etat, ainsi que les parasites politiques de tout bord, à quelques rares exceptions près.

Personnellement, le monde politique m'inspire plus de la défiance qu'autre chose, et je me méfie des gens qui accèdent à des postes de pouvoir, mais je distingue les personnes de leur fonction. C'est cette distinction entre la fonction et la personne qui sépare l'anarchisme et l'éthique républicaine de la bêtise et du fascisme.

4.
Après le « quoi qu'il en coûte », le « sauve qui peut » ? Il paraît que l'Etat doit faire des économies. Une piste ? Arrêter de subventionner certains organismes de formation bidons et en finir avec l'étrange SNU.

5.
D'après ce que j'entends, les chars légers fournis aux forces ukrainiennes leur permettraient de harceler les Russes et permettraient d'ouvrir des brèches dans leurs lignes. S'ils sont en nombre suffisant, ces chars pourraient empêcher Poutine et Sourovikine de geler le front.

L'arrivée de blindés très mobiles et assez puissants pour désorganiser leurs lignes de défense obligerait les Russes soit à contre-attaquer prématurément, soit à se redéployer, soit à reculer. Ces chars léger vont-ils contrarier Poutine et Sourovikine dans leurs projets ?

6.
Polémique sur les chiffres de participation aux manifestations des Gilets Jaunes du 7 janvier 2023. Olivia Grégoire, ministre déléguée aux PME et à l'artisanat, accusée par les réseaux sociaux d'avoir menti. Quoi qu'il se passe avec la vérité ? Syndrome Blanquer ?

7.
On ne peut pas donner tort à François Ruffin lorsqu'il dénonce l'incroyable merdier que la main du marché a mis dans les prix de l'énergie. Ce qui faisait l’exemple français, c'était la séparation entre un secteur public nécessitant bien trop d'investissements pour que les affairistes du privé y voient une possible vache à lait, et le secteur privé des grands capitaines de nos industries, lesquels ne sont plus parfois ni grands, ni capitaines, ni même français.

8.
Avec plus de trois millions de chômeurs et des universités surpeuplées (diplômes sans grande valeur à la clé dans certaines filières), le signal qu'envoie la réforme des retraites est aussi le suivant : à l'avenir, le nombre de Français inemployables va augmenter.

9.
Le 8 janvier 2023, au Brésil, des partisans de l’ex-président Bolsonaro, en occupant les bâtiments du Congrès, du palais du Planalto et de la Cour suprême, auraient tenté quelque chose qui s'apparente à l'attaque du Capitole par des trumpistes et autres qanonistes enragés le 6 janvier 2021. Etrange.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 janvier 2023.

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8 janvier 2023

NOTE SUR UNE GENEALOGIE DU DETECTIVE SINGULIER

NOTE SUR UNE GENEALOGIE DU DETECTIVE SINGULIER

1.
On doit à Arthur Bernède d'avoir créé en 1927 un personnage qui inspira assez la télévision et Claude Barma pour en tirer, dans les années soixante, l'épatante série « Belphégor ou Le Fantôme du Louvre », dans laquelle brillèrent Juliette Gréco, Christine Delaroche et Yves Rénier.

Cependant, le « Belphégor » de Bernède n'est pas un chef d’œuvre. La part de sentimentalisme et de lieux communs y est trop importante et a empêché l'ouvrage d'avoir la postérité du Lupin de Leblanc et des étonnants « Mystère de la chambre jaune » et « Parfum de la dame en noir » de Leroux, lesquels, dit-on, influencèrent Agatha Christie dans l'élaboration de ses puzzles policiers.

C'est que Maurice Leblanc et Gaston Leroux eurent l'intelligence de mettre l'accent plus sur la mécanique de l'énigme, sur la manière qu'a le mystère d'en imposer au réel et les singularités de leurs enquêteurs logiciens, que sur les aventures sentimentales de leurs personnages.

C'est peut-être la sociopathie de haut niveau du Sherlock Holmes de Conan Doyle (je reprends là l'argument d'une réplique de la série télé avec Benedict Cumberbatch) qui influença Leblanc et Leroux. Dépourvu de tout sentimentalisme inutile à l'enquête, Holmes en devient l'exemple probant d'une humanité productrice de logique. Ce qui est bien plus fascinant que les lieux communs et les affectations des héros de papier de Bernède.

Néanmoins, malgré ses imperfections, le « Belphégor » de Bernède ne manque ni de charme ni d'éclat. Je le consulte aisément, m'en amuse parfois, m'y intéresse souvent.

2.
« Au mot de Fantôme, la baronne eut un sursaut d'épouvante ».
(Arthur Bernède, « Belphégor », II, 6).

Bernède, « Belphégor », II,6. « Une flamme qui meurt ». On annonce les Papillon. Stupidité, stupéfiants, stupeur. La baronne vire-t-elle folle dingo ? Chantecoq est bien élevé, contrairement à Belphégor qui fait rien qu'à. Où le trésor des Valois revient sur le tapis. Où le récit des exploits de Belphégor épouvante et fait « piailler ».

Ah tiens, j'entends un concert-fiction sur France Culture. Il s'agit d'une adaptation de « Peter Pan ». Il y a des chœurs. J'aime bien les chœurs. J'ai dégusté un bol de soupe de moules. C'est bon. Donc, j'aime la soupe de moules et la musique chorale.

Revenons à nos Papillon. Pas pour longtemps, puisque « la demi-toquée » se tire et grommelle le baron. Chantecoq sait bien que Ménardier se plante. On se demande ce que Jacques Bellegarde peut bien être. Foin des soupçons, cherchons ! La « flamme » Simone « se meurt » cependant que s'allume la « flamme de colère ». Simone Desroches hallucine, délire ; on parle d' « agonie ».

Patrice Houzeau
Malo, le 8 janvier 2023.

7 janvier 2023

DU PUITS QUE L'HUMAIN CREUSE EN L'HUMAIN

DU PUITS QUE L'HUMAIN CREUSE EN L'HUMAIN

Notes sur le poème « L'Irrémédiable », de Baudelaire.

1.
De quoi parle-t-on ? D'une « Idée, une Forme, un Être ». l'imprécision évoque l'ontologie, la métaphysique, un autre monde, celui de « l'azur ». On n'est pas plus renseigné. Quelque chose plane, plane, et tombe. La Chute de l'Ange ? La chute du rebelle qui « tombe » ni dans la vallée des vivants, ni dans la demeure des morts, mais dans l'oubli du Styx, abandonné des puissances divines (« nul oeil du Ciel » n'y « pénètre »).

L'Ange en « imprudent voyageur ». Peut-on être imprudent quand on est un Ange ? Il faut pour cela que l'Ange soit « tenté », soit fasciné. Le narrateur baudelairien évoque « l'amour du difforme ». Le « difforme » ici compris comme le contraire de la perfection angélique. Se fascinant, l'Ange se corrompt et déchoit.

Évocation de l’expérience du cauchemar, dont on a du mal à se sortir. On s'y débat alors, comme un « nageur » dans les remous. Métaphore du cauchemar en océan, en lieu de noyade (le fleuve Styx). Effet visuel et sonore : le « gigantesque remous pirouettant dans les ténèbres », avec sa prise dans le cauchemar, sa victime qu'ça pirouette et vertige. Le bruit de ce « remous » évoqué par les sonorités à la rime « -eur », « -orme », « -èbres », « ou », rappelle les chansons des « fous » autant que le son du ressac.

« Une Idée, une Forme, un Être
Parti de l'azur et tombé
Dans un Styx bourbeux et plombé
Où nul œil du Ciel ne pénètre ;

Un Ange, imprudent voyageur
Qu'a tenté l'amour du difforme,
Au fond d'un cauchemar énorme
Se débattant comme un nageur,

Et luttant, angoisses funèbres !
Contre un gigantesque remous
Qui va chantant comme les fous
Et pirouettant dans les ténèbres ; »
(Baudelaire, « L'Irrémédiable », 3 premiers quatrains)

2.
Parti d'une Idée, d'une Forme, d'un Être, voilà l'humain, passant par l'Ange, « malheureux ensorcelé ». Ténèbres. « Tâtonnements futiles ». Image ; « un lieu plein de reptiles ». Serpent, symbole du Mal. Enfermement. Pour retrouver la lumière, nécessité de trouver une issue, la « clé ».

Par qui ou quoi l'humain « malheureux » est-il « ensorcelé » ? Le voilà « damné ». Le mot signale le maléfique. Dans les ténèbres toujours, « descendant sans lampe », « au bord d'un gouffre ». « D'éternels escaliers sans rampe » symbolisent cette descente aux Enfers.

Dans cette approche du gouffre, la vision est le sens le plus sollicité. Les ténèbres ne sont pas vides, mais peuplées de « monstres visqueux ». Du serpent, image de la présence du Mal dans le réel, on passe aux « monstres » indicibles, aux créatures surnaturelles. Lovecraft en peuplera le monde insinuant qui sans cesse déborde sur notre monde. Fascination : les « yeux de phosphore ». La fascination estompe l'en-dehors du fascinant. Le réel fascinant se substitue à tout autre réel.

Le choix de l'octosyllabe souligne la rapidité de la chute. Chaque quatrain est une marche de ces « escaliers sans rampe » qui signalent la chute. Au point se substitue le point-virgule : ni phrase, ni chute ne s'arrêtent. L'image est sollicitée : suite de miniatures qui rappellent l'art des graveurs. Tableaux où l'ombre est omniprésente, ne laissant apparaître que des fragments : nageur dans le remous, mains qui tâtonnent, yeux de phosphore.

« Un malheureux ensorcelé
Dans ses tâtonnements futiles,
Pour fuir un lieu plein de reptiles,
Cherchant la lumière et la clé ;

Un damné descendant sans lampe,
Au bord d'un gouffre dont l'odeur
Trahit l'humide profondeur,
D'éternels escaliers sans rampe,

Où veillent des monstres visqueux
Dont les larges yeux de phosphore
Font une nuit plus noire encore
Et ne rendent visibles qu’eux ;
(Baudelaire, « L'Irrémédiable », quatrains 4,5,6)

3.
Le navire de l'humanité ? Quelle galère alors ! Le voilà « pris dans le pôle ». Le « i » du navire se retrouve dans le « piège ». Aux ténèbres succède le « cristal », tout aussi emprisonnant. La cause en est complexe. Tous les chemins ne mènent pas à Rome. Ou alors c'est que le Diable est dans la Ville. L'humain est-il voué à se demander pourquoi il chute ?

Images évocatrices, à valeur « d'emblèmes ». L'irrémédiable, c'est l'aporie, la chute. Une plaisanterie diabolique. Une plaisanterie parfaite. Rime signifiante (« irrémédiable/ Diable »). La perfection du Mal (« le Diable fait toujours bien tout ce qu'il fait ! »). Perfection du Mal face à la perfection divine. Parce qu'il est le Mal, ses actions sont toutes aussi fondées en perfection que les actions de Dieu. Le Mal est fatalement maléfique comme le Bien est humainement bénéfique. En s'y opposant, Dom Juan prouve la puissance du Ciel. La forme « fait » commence et clôt le vers 32, la 8ème strophe et la première partie.

« Un navire pris dans le pôle,
Comme en un piège de cristal,
Cherchant par quel détroit fatal
Il est tombé dans cette geôle ;

- Emblèmes nets, tableau parfait
D'une fortune irrémédiable,
Qui donne à penser que le Diable
Fait toujours bien tout ce qu'il fait ! »
(Baudelaire, « L'Irrémédiable », quatrains 7 et 8)

4.
Verticalité de la chute ; horizontalité du « tête-à-tête ». Le cœur-miroir : introspection. Sombre humanité ; limpidité de l'évidence. L'introspection est un « puits ». Reprise de l'opposition entre le « clair » et l'obscur (« clair et noir »). L'image du puits permet celle de l'eau noire et de l'étoile qui s'y reflète. « l'étoile livide ». Signal spectral opposé au flamboiement du soleil. Un « phare ironique » (il n'éclaire pas l'océan, n'indique pas le port, mais le puits que l'humain creuse en l'humain). Cette introspection n'est pas un examen de conscience parfaitement catholique. C'est un « flambeau » froid, non celui de la grâce divine, mais des « grâces sataniques ». Cette lucidité soulage l'humain (il lève un doute) et est aussi une « gloire » : celle de la victoire du Mal, qui permet au narrateur baudelairien de justifier le trouble de sa conscience. Cette « idée », cette « forme », cet « être », cet « Ange » déchu, cet « ensorcelé », ce « damné », ce « navire prisonnier », c'est l'humain dès qu'il comprend qui il est. Sa puissance est dans la conscience qu'il a du Mal qui l'anime.

« Tête-à-tête sombre et limpide
Qu'un cœur devenu son miroir !
Puits de Vérité, clair et noir,
Où tremble une étoile livide,

Un phare ironique, infernal,
Flambeau des grâces sataniques,
Soulagement et gloire uniques,
La conscience dans le Mal ! »
(Baudelaire, « L'Irrémédiable », II).

Patrice Houzeau
Malo, le 7 janvier 2023.

5 janvier 2023

Y A MACRON ET MACRON

Y A MACRON ET MACRON

1.
La Russie de Poutine est au mieux, dit-on avec l’Iran des mollahs assassins, ne cesse de multiplier les appels à l’alliance avec la dictature chinoise, laquelle a très mal géré son épidémie de covid et menace, après avoir mis Hong-Kong à genoux, d’annexer Taiwan… Ceux qui voient en Poutine un « libérateur », un défenseur des opprimés, n’ont vraiment pas les yeux en face des trous.

2.
Je ne confonds pas le Macron chef d’un Etat démocratique et qui soutient l’Ukraine contre la déplorable agression russe et le Macron dont certaines réformes sont contestées et contestables (réforme Blanquer, stupide SNU, réforme des retraites,…).

3.
31.12.2022. Selon le site du Figaro, en raison de la menace Covid, le Maroc a décidé de fermer ses frontières, à partir du 3 janvier 2023, à tous les voyageurs, « quelle que soit leur nationalité », venant de Chine.

4.
Je ne peux évidemment pas savoir ce qui se passe en Chine. Je lis que certains évoquent un retour très violent du Covid, des variants redoutables et une hécatombe. D’autres parlent déjà de fake news.

Si jamais le covid fait effectivement des ravages en Chine, et que les variants sont effectivement dangereux, je me demande :

- qu’avons-nous à redouter réellement en Europe ?

- s’il est vraiment judicieux de continuer à investir dans un pays qui visiblement a bien du mal, malgré un contrôle social omniprésent, nous dit-on, à adopter une politique de santé rationnelle, intelligente et pragmatique.

Reste l’hypothèse d’un virus qui, quoi qu’on fasse, continue sa course, et, d’un variant l’autre, tue. Si c’est le cas, je comprends que la Chine soit démunie, comme nous le serons nous aussi, et m’interroge sur la nature exacte de ce poison.

5.
France 2023. Inflation, crise énergétique, chômage, précarité, réformes contestées, mécontentements catégoriels. S'ajoutent : conflit russo-ukrainien, retour du Covid possible, voire probable ; possibles, voire probables troubles sociaux importants.

6.
Les universités sont pleines de gens dont, pour certains, on s'interroge sur la réalité des compétences acquises. De nombreux secteurs manquent de main d’œuvre. Obliger ceux qui sont en poste à continuer jusqu'à 65 ans retardera l'accès au premier emploi.

7.
Services de santé en souffrance, éducation nationale en désarroi, défense sauvée de justesse (et encore) par l'agression de l'Ukraine par Poutine. Président Macron, vous n'êtes pas le grand réformateur que vous pensez être ; contentez-vous de gérer, ça serait déjà pas mal.

8.
Ai écouté les vœux 2023 du ministre Pap Ndiaye : défilé de lieux communs, à la limite de la niaiserie (« Il faut tout un village pour élever un enfant »). Il définit plus l'école comme un lieu « d'épanouissement » que comme un lieu de préparation à une carrière professionnelle. Inquiétant.

C'est pourtant l’exercice d'un métier qui assure, via le salaire, l'indépendance et l'autonomie de chaque citoyen. Le reste n'est souvent que blabla.

9.
5 janvier 2023. La France va livrer des chars AMX-10 RC à l'Ukraine. Possible, sinon probable, que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, d'autres sans doute suivront et que les forces ukrainiennes augmenteront bientôt leur puissance de feu sur le terrain.

10.
Si je comprends bien, en faisant parvenir au président Macron un éclat retiré et qui a failli le tuer, Rogozine fait la promotion du canon CAESAR en en soulignant sa grande précision.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 janvier 2023.

2 janvier 2023

RIMBAUD A FANTAISIE

RIMBAUD A FANTAISIE

1.
Les recueils de poésies, ça s'ouvre et ça se ferme au gré de notre fantaisie. Ça s'ouvre à fantaisie, expression qui n’existe pas mais pourquoi non ? On dit bien « à volonté ». Je m'y plonge, picorant des vers.

2.
Voilà « L'eau verte » de l'océan qui « pénétra ma coque de sapin », qu'il dit, prosopopée, le « Bateau ivre » rimbaldien. Rimbaud en « bateau ivre » : quel autoportrait !

Rythme (2/4/2/4). L'allitération « v », « verte, vins, vomissures, lava », tisse un fil, une sorte de basse sur laquelle se détachent labiales et dentales (« pénétra », « sapin », « taches », « bleus ») pour finir sur la répétition de la palato-vélaire [g]. Le monosyllabe « bleus » est ainsi mis en évidence juste après la césure.

« Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin. »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

3.
Voilà le noir de « l'encre de Chine », de la « poudre noire », de « l'ombre ». Qu'appelle-t-il ses « filles », ses « reines », celui-là ? Fantasmes, rêveries sur les ombres des murs (le narrateur vient de se « jeter sur le lit »), rêverie sur le dessin ? Je ne sais quelle « poudre noire » (poussière ? suie?) évoque un « agréable goût d'encre de Chine », et dans « l'ombre », le narrateur affirme la vision de ses « filles », de ses « reines ».

« Avivant un agréable goût d'encre de Chine une poudre noire pleut doucement sur ma veillée, - je baisse les feux du lustre, je me jette sur le lit, et tourné du côté de l'ombre je vous vois, mes filles, mes reines ! »
(Rimbaud, « Phrases [II] »]

4.
Comme des notes, des bribes, souvenirs, réminiscences d'un roman. Des notes fantômes sur des absents, des disparus : « la petite » est « morte », la « jeune maman » est « trépassée », le « petit frère » est aux Indes. Il n'y a plus personne dans les lieux évoqués dans « Enfance II », de Rimbaud (« hameaux sans coqs, sans enclumes »), alors qu'il y a tant de monde dans la première partie du poème : « dames qui tournoient sur les terrasses voisine de la mer, (…) jeunes mères et grandes sœurs aux regards pleins de pèlerinages, sultanes (...) princesses (…), petites étrangères et personnes doucement malheureuses.»

La foule des figurants et leurs éventuels échanges sentimentaux (le narrateur était-il au théâtre, à l'opéra, au musée ?) produit-elle de « l'ennui » ? (« Quel ennui, l'heure du « cher corps » et « cher cœur »), cependant que les lieux désertés appellent la présence magique, la vision : « Des fleurs magiques bourdonnaient. (…) Des bêtes d'une élégance fabuleuse circulaient » ?

« Enfance I » commence par l'évocation de « plages nommées, par des vagues sans vaisseaux, de noms férocement grecs, slaves, celtiques. ». « Enfance II » se termine par celle de la « haute mer faite d'une éternité de chaudes larmes. »

5.
Entendez-vous, vous aussi, battre les « cils noirs sous les silences » ? « Sous le silence », une multitude de sons que l'on s'imagine. Un monde sous le monde. La modernité nous le remplit de bruits, de rythmes, de vulgarités politiques, de slogans, d'éléments de langage, d'injonctions. Nous devons être occupés. Malheur au rêveur qui couperait les sons du monde pour se laisser bercer par le monde sous le silence.

Electricités, crépitements, royautés : le monde minuscule des petites choses. Les sœurs y sont toutes puissantes à décréter la « mort des petits poux ». Le monde minuscule est aussi celui de la vie et de la mort. Un silence de mort, comme il est peuplé.

« Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux. »
(Rimbaud, « Les chercheuses de poux »)

Patrice Houzeau
Malo, le 2 janvier 2023.

 

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1 janvier 2023

REVELATIONS AUTOUR D'UN TROU

REVELATIONS AUTOUR D'UN TROU

Notes sur le chapitre 5 de la deuxième partie de « Belphégor » ("Belle fait gore" ? Comme dans un film de Jean Rollin alors ?), de Arthur Bernède.

« - C'est fou !... C'est insensé... C'est à croire que j'ai rêvé ! »
(Arthur Bernède, « Belphégor », deuxième partie, chapitre 5 [Ménardier])

1.
Bernède. « Belphégor ». II,5. « Où Ménardier lance un défi à Chantecoq ». Relève au Louvre. y en a, i vont au dodo ; y en a, i vont au turbin. Une odeur de « flacon de pharmacie ». C'est louche, dit Marie-qui-louche, qui d'ailleurs n'était pas là, puisqu'elle était en train de prendre une douche, ou de chasser la bête farouche, ou d'observer la géométrie du vol des mouches.

2.
Ménardier sort du cosmos où Belphégor l'avait envoyé. Un trou dans le socle. Le père Bizot n'a pas « perdu la tête ». C'est-à-dire qu'il l'a retrouvée (c'est sa femme, la mère Bizotte, comme on dit, même qu'on l'appelle aussi la mère Biscotte (mais ça c'est pas gentil), qui, pour lui faire une farce – faut dire qu'c'est une farceuse, la mère Bizotte - l'avait cachée dans un tiroir, parmi des mouchoirs, des bavoirs, des crachoirs, des racloirs, des abattoirs, et qu'c'est terroirs).

3.
Ménardier raconte sa rencontre avec le Fantôme. Tout le monde est effaré effrayé époustouflé fasciné figé. Rentre Chantecoq, simple, élégant, discret, posé, chapeau de feutre gris « légèrement rabattu sur les yeux » (ça fait genre acteur de cinéma), bermuda à fleurs, fausse barbe, faux nez, fausse moustache, faux cils, perruque et perroquet (mais ça c'est pour faire couleur locale).

4.
Les animaux étant interdits au Louvre (poux et morpions compris, mais parce que la puissance publique n'est pas qualifiée pour investiguer, ça fait des lustres que Mona Lisa a envie de se gratter et a donc cet air bête et vaguement « ne faites pas attention à moi, je ne fais que rester là »), on aurait normalement dû signifier à Chantecoq d'aller se faire cuire un œuf. Mais comme tous étaient fascinés par la narration ménardière, nul ne prêta attention à l'intrus spéculatif.

5.
Chantecoq contempla le trou dans le socle, trouva la ferrure, et laissa son oreille vagabonder du côté de Ménardier qui disait qu'il se demandait quoi donc avait bien pu hein ? Chantecoq, ayant récupéré son oreille (il a le bras long), expliqua :
« Un trésor caché » ! Oh ! « Dans un coffre Renaissance ! » ! Oh ! Une ferrure du seizième siècle ! Oh ! « Les armes des Valois ! Oh ! « Des gaz somnifères » (poil au derrière, crut bon d'ajouter le perroquet aimablement prêté pour les besoins du scénario par la mère Bizotte – quelle rigolote, celle-là).

6.
Tout le monde s'épata s'étonna se stupéfia. Ménardier se renfrogna, puis s'éclaira et une fois que, eh bien, tiens, annonça claironna que le Fantôme du Louvre n'allait pas tarder à compter les jours et les nuits dans une cellule de prison.

7.
Chantecoq va-t-il se faire coiffer la crête par l'inspecteur Ménardier ? Eloge de Ménardier. Estimation de la malice peu commune de Belphégor. Et pour tout dire, qu'ce soye un « innocent » qui s'artrouverait à poireauter au zonzon n'étonnerait pas le roi des détectives, qui en profita pour sortir son pipeau pour interpréter le célèbre air de la Réforme Blanquer, accompagné au crincrin pour les besoins de la comédie musicale par le perroquet de la mère Bizotte et au djembé par le conservateur du musée du Louvre.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er janvier 2023.

1 janvier 2023

LA MACHINE A SPECTRES

LA MACHINE A SPECTRES

Notes sur les parties II et III de "L'Homme au Sable", de E.T.A Hoffmann, traduit par Loève-Veimars

« Sie saß der Türe gegenüber, so, daß ich ihr engelschönes Gesicht ganz erblickte. Sie schien mich nicht zu bemerken, und überhaupt hatten ihre Augen etwas Starres, beinahe möcht ich sagen, keine Sehkraft, es war mir so, als schliefe sie mit offnen Augen. »
(E.T.A Hoffmann, « Der Sandmann » [Nathanael an Lothar])

Au clavier, c’est avec « ALT » maintenu appuyé pendant que l’on tape 0 2 2 3 que l’on obtient ß.

« Elle était vis-à-vis de la porte, et je pouvais contempler ainsi son visage angélique. Elle sembla ne pas m’apercevoir, et surtout, ses yeux paraissaient fixes, et je dirai même dépourvus de regard ; c’était comme si elle eût dormi les yeux ouverts ».
(Hoffmann, « L’Homme au sable », traduit d’après Loève-Veimars)

1.
Clara répond à Nathanaël.
Pourquoi un intermédiaire ? (en l’occurrence Lothaire, le frère de Clara).
Vertige de la lecture : « tout semblait tourbillonner devant mes yeux » écrit Clara. La nouvelle « L’Homme au sable » a-t-elle pour véritable sujet la façon dont le réel agit sur notre regard ?

2.
La lettre de Nathanaël a troublé Clara. Coppola en menace fantasmatique.
« Mais, bientôt, dès le lendemain déjà, écrit Clara, tout s’était présenté à ma pensée sous une autre face. » : le regard encore.

Clara est rationnelle et explique à Nathanaël d’où vient sa « hantise ».
La passion de l’alchimie aurait tué le père de Nathanaël et « Coppelius ne saurait en être accusé. »

3.
Clara en psychothérapeute.
Le réel en « surface bariolée ». Une peinture, le réel. Une représentation. Un piège à reflets. Ce dont nous nous réjouissons, « comme un fol enfant à la vue des fruits dont l’écorce dorée cache un venin mortel. »

Le réel est piégé, trappé, et ne se présente jamais comme il est vraiment. Et ce qu’il est vraiment, pouvons-nous le savoir ? Sans doute pouvons-nous le calculer, mais que calculons-nous réellement ?

4.
Clara évoque « le sentiment d’une puissance ennemie qui agit d’une manière funeste ». Le sentiment qui anime ceux qui croient aux complots universels, les anti-vaccins, les sceptiques quant à l’existence du covid, les pro-Poutine, les populistes, ceux qui s’imaginent des sociétés secrètes gouvernant le monde.

Clara débusque l’ennemi : ce n’est pas une « puissance occulte » qui « plonge » en nous « ses griffes ennemies », mais un « ennemi intérieur ». Les complotistes projettent dans le réel ce qui leur mine l’âme et qui dépend de leur mode d’être au monde.

Le complotistes pense que le réel veut le piéger. Il n’a pas tort mais il se trompe sur la nature du piège.

5.
« un principe dévorant qui nous consume ».
« le fantôme de notre propre nous ».
Coppelius et Coppola ne sont que des fantasmes qu’il faut dissiper.
« et de bannir le hideux Coppola par un fou rire » : la dérision ruine les spectres.

6.
De nouveau « Nathanaël à Lothaire ». Des « fantômes » du « moi ». Une machine à sécréter du spectre. Une machine à sécréter de la représentation : le langage. Du reste, parfois, nous disons ça machinalement.

7.
Nathanaël évoque « l’esprit qui scintille de ses yeux clairs et touchants ».

La logique contre les fantômes. Si l’on agite le Tractatus Logico-Philosophicus de Wittgenstein devant un revenant, le fera-t-on reculer comme le crucifix fait reculer le vampire ?

8.
Coppola serait un véritable « mécanicien » italien comme Coppelius serait un véritable avocat allemand. Je viens de voir « Le Roi de cœur » (1966), de Philippe de Broca : jolie fantaisie sur l’échappement au réel implacable, avec musique mélancolico-drolatique de Georges Delerue.

Portrait du professeur de physique Spalanzani : un rond, « pommettes saillantes », nez pointu, yeux perçants. Hoffmann indique, via Nathanaël, sa source d’inspiration : « le portrait de Cagliostro, gravé par Chodowiecki ».

La fiction, soulignant par l’exemple sa référence au réel, est renforcée dans sa fonction mimétique.

9.
Nathanaël écrit « J’ignore moi-même comme je vins à regarder à travers la glace. » Acte manqué. Expression de l’inconscient.

Le spectacle de la femme mystérieuse. « figure ravissante ». « ses yeux paraissaient fixes », « comme si elle avait dormi les yeux ouverts ».

La fille derrière le rideau, puis derrière la glace, la vitre.  Un miroir sans tain ? Spectacle, songe, malaise de ce que l’on n’aurait pas dû voir, et que l’on voit pourtant : la fille du professeur de physique, la très réservée Olimpia.
Chez un spéculatif comme Nathanaël, la fascination guette.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er janvier 2023.

31 décembre 2022

POUTINE ET LE DECLIN

POUTINE ET LE DECLIN

1.
Parfois, j'aimerais être comme la colère, et frapper juste, et frapper droit, et précisément.

2.
Ne dites pas au rhinocéros qu'il n'est pas dans la pièce, cela pourrait le vexer.

3.
Que croyez-vous qu'est la France de Macron ? Une oligarchie légitimée par les Grandes Ecoles. Que croyez-vous qu'est la Russie de Poutine ? Une oligarchie légitimée par la mafia.

4.
« On ne dit pas ça à un Président de la République. » Et c'est précisément parce que l'on ne lui dit pas, qu'il ne comprend toujours pas.

5.
Dans un tweet du 31 décembre 2022, Véronique Genest évoque le fameux régiment néo-nazi « AZIZ » (sic) d'Ukraine. Sept heures après publication, le tweet n'était pas supprimé. Je pense, pour ma part, que cette trouvaille du régiment AZIZ relève du génie (digne de Francis Lalanne).

6.
Heureusement que Macron a supprimé la taxe d'habitation. Vu la façon dont les prix grimpent, certains Français, cette taxe-poison, pour la payer, cette année hein, il y aurait comme un problème.

7.
Contrairement à certains, je ne me moque pas des soldats russes tombés au combat. Évidemment qu'Il y a des salauds parmi eux, mais certainement aussi pas mal de pauvres bougres qui crèvent pour que prospère la Grande Mafia de la Sainte Russie.

8.
Actuellement, converser avec le Diable n'est guère facile. Il ne répond qu'en russe. Ce n'est guère pratique.

9.
31 décembre 2022. Un pape est mort. Un autre attend que Dieu le rappelle. En ces temps menaçants, il nous faut un nouveau Jean-Paul II.

10.
Vous n'aimez pas les Etats-Unis ? Cependant, vous mangez des produits américains, vous écoutez des chansons américaines, vous regardez des films américains, portez des jeans américains, fumez des cigarettes américaines, et utilisez chaque jour l'internet américain.

La Russie de Poutine est-elle capable d'autant d'innovation et de créativité ? Non.

11.
Il se dit que Poutine est soucieux du déclin démographique de la Russie blanche et orthodoxe. Ce n'est pas nouveau. Mais on n'encourage pas sa population à faire des enfants par des guerres et des atteintes continuelles à la démocratie.

12.
Hypothèse : Poutine, horrifié par les conséquences du multiculturalisme et de la société ouverte occidentale (le problématique melting pot américain) cherche en poussant à l'Ouest une autre solution au déclin démographique de la population blanche et chrétienne.

C'est dans doute pour cela que Poutine est si apprécié par les extrême -droites européennes. Par contre, ceux qui, à gauche, voient en Poutine un défenseur des peuples opprimés, ont vraiment tout faux.

13.
Certains, dit-on, se sont moqués d'un soldat russe, filmé par un drone, qui, comprenant qu'il allait être tué, multiplia les signes de croix. Je ne me moque pas moi. Cet homme s'est souvenu qu'il était chrétien.
Nous ne savons rien de lui, ni s'il fut un criminel de guerre, ni s'il fut un simple serviteur de sa patrie, ni s'il était marié, ni s'il avait des enfants.
Si en tant que soldat d'une armée d'occupation, il ne mérite pas notre pitié, en tant qu'être humain, croyant ou non, il mérite le respect que l'on doit à tout humain devant la mort. (poil au pylore).

14.
Quelqu'un a-t-il fait remarquer à Poutine qu'en agressant l'Ukraine, il faisait s'entretuer deux peuples chrétiens, et même deux églises orthodoxes ? Et au profit de qui ? Des troubles tenants de l'eurasisme douguinien ? Des musulmans de Kadyrov ? Des anti-chrétiens wagnériens ?

Patrice Houzeau
Malo, le 31 décembre 2022.

31 décembre 2022

EN ATTENDANT LE RETOUR DE LA FAUCHEUSE COVID

EN ATTENDANT LE RETOUR DE LA FAUCHEUSE COVID

1.
Si l'information selon laquelle les fonctionnaires pourraient cumuler leur emploi avec celui de chauffeur de bus scolaire s'avère fondée, cela signifierait qu'à défaut de former des chauffeurs, les profs de LP assureraient eux-mêmes le transport des élèves. On touche le fond là.

2.
Les fumeuses théories eurasistes de Douguine, la « nouvelle chronologie » de Fomenko : tout ça rappelle l'ésotérisme sur lequel certains dignitaires nazis se sont appuyés pour justifier leurs délires raciaux et expansionnistes.

3.
Comme à son habitude, la Chine a tenté de dissimuler la gravité de la situation. Il semble que le Covid fait beaucoup de morts en Chine. Nos capitaines d’industrie qui ont délocalisé dans cette dictature sont et des crétins et des traîtres à la France.

4.
« Croissez et multipliez », et contaminez-vous.

5.
Je ne devrais pas écouter des chansons du temps où j’étais au lycée, défois ça m’rend tout chose.

« On s’soûlait l’dedans d’pathétique
C’était la belle époque du piano nostalgique »
(Claude Léveillée, « Les vieux pianos »)

6.
Je suppose que ce soir du 31 décembre 2022, Thierry Mariani et Aymeric Chauprade vont boire du champagne à la santé de leur seigneur et maître Poutine (qu’on dit réellement malade) pendant que les missiles russes s’abattent sur les Ukrainiens. Pouah.

Remarquez que pendant ce temps-là, le rouble se déprécie un peu plus chaque jour : ce 31 décembre 2022, à minuit, en France, 1 euro = 77,59 roubles.

7.
La récente vague de morts mystérieuses au sein de l’oligarchie et de l’appareil d’état russes est-elle le résultat de la diligence du FSB à déjouer les complots ? Si Poutine allait soudainement très mal (on le dit malade), y aura-t-il en Russie vendetta et règlements de comptes sanglants ? Probablement. (Medvedev n’est pas prêt de lâcher sa bouteille).

8.
Si les banques centrales accumulent de l’or, c’est que les Etats craignent ou une extension du conflit russo-ukrainien et/ou une récession mondiale durable (aggravée par un éventuel retour de la pandémie du covid). Pour éviter que cet or se transforme en sang versé, il n’y a qu’une solution : ramener Poutine à la raison, c’est-à-dire, le faire échouer dans sa sale guerre en Ukraine.

9.
Prédictions pour 2023 : Retour du covid et de certaines restrictions, effondrement économique de la Russie, récession mondiale. Beaucoup de morts.
En France, Forte contestation de la réforme des retraites, soucis budgétaires, aggravation de la paupérisation, troubles possibles dans les universités, montée du fatalisme et de l’absentéisme des enseignants, général désarroi (poil aux doigts).

10.
Heureusement que nous sommes gouvernés par des gens intelligents et bardés de diplômes. Vu l’état de la planète, je me demande ce que ce serait si c’étaient des gens simples et honnêtes qui étaient aux commandes.

11.
Cela ne sert à rien de discuter avec les pro-Poutine ou les bonnes âmes qui veulent la paix au prix de la soumission de l’Ukraine et de l’OTAN au bon vouloir de Poutine. Personnellement, je les bloque, et basta.

12.
Que peuvent penser des hommes comme Guerassimov et Choïgou de voyous comme Prigojine et Kadyrov ? Pas que du bien, je crois. Je me demande dans quelle mesure l’armée régulière russe accepterait de se faire massacrer à Backmout pour les mafieux de Wagner.

13.
Cela fait des semaines et des semaines que Wagner se casse les dents sur Backmout. Lourdes pertes ukrainiennes mais pertes encore plus lourdes chez les mercenaires. Prigojine tient à prouver à Poutine que son armée d’affreux est capable d’autre chose que de coups tordus en Afrique. Mais battre des forces ukrainiennes résolues et utilisant un matériel occidental performant est une autre affaire.

14.
Des dizaines de scientifiques ont étudié une foule de cas de phénomènes inexpliqués liés aux OVNIS. Qu’ont-ils découvert ? demande un tweeteur ufologisant.

Que l’armée américaine a vraiment beaucoup d’avance sur tout le monde. Les extra-terrestres n’y sont pour rien. L’investissement humain et financier permet ces prodiges.

15.
Le gouvernement français annonce des mesures sanitaires concernant les voyageurs venant de Chine (tests et masques) en vigueur à partir du 1er janvier 2023. C’est probablement déjà trop tard, mais enfin, vaut mieux tard que. S’il s’avère que les nouveaux variants en circulation sont redoutables, cela pourrait signifier un retour dans un avenir proche de restrictions plus ou moins contraignantes.

Patrice Houzeau
Malo, le 31 décembre 2022.

30 décembre 2022

ON APPELLE CELA UN FANTÔME JE CROIS

ON APPELLE CELA UN FANTÔME JE CROIS

Notes sur la première partie de « L’Homme au Sable », de Hoffmann, traduit par Loève-Veimars.

« Je croyais apercevoir tout autour de lui des figures humaines, mais sans yeux. Des cavités noires, profondes et souillées en tenaient la place. – Des yeux ! des yeux ! s’écriait Coppelius d’une voix sourde et menaçante. »
(Hoffmann traduit par Loève-Veimars, « L’Homme au Sable » [Nathanaël])

1.
Nathanaël écrit qu’il pense à sa Clara.
Nous pensons toujours à quelqu’un d’inaccessible.
Nous pensons toujours à quelqu’un qui n’existe que pour nous et qui a pourtant un référent dans le réel.
On appelle cela un fantôme, je crois.

Parfois, les marchands de baromètres qui entrent dans votre chambre, vous avez comme une envie de les « précipiter du haut de l’escalier ».
En écrivant, j’écoute des chansons d’Angèle. Je sais bien que c’est juste de la variété, mais c’est comme le rock n’ roll, I like it. (reste à déterminer à quel point la plastique nordico-wallonne de la chanteuse, dont je dévore les clips, m’influence).


Le rôle des chanteurs de variétés est d’incarner quelqu’un qui n’existe que pour nous.
La société du spectacle nous fournit nos fantômes.
Le consumérisme a réussi ce tour de force : faire du fantôme une marchandise.

2.
Nathanaël écrit qu’il va raconter des « aventures » de son enfance.
On comprend que l’œil de Sigmund Freud s’ouvrit à la lecture de ce passage.
Il est ensuite question du père de Nathanaël, des « histoires merveilleuses » du père, de la pipe du père, des silences du père.
L’heure de « l’Homme au Sable ».
l’expression me fait penser aux sabliers, aux montres, aux horloges, aux emplois du temps.
Les autres nous rappellent sans cesse sans cesse sans cesse que le temps nous est compté.
« l’Homme au sable ». Nathanaël prend au pied de la lettre l’expression de sa mère.
A prendre le réel au pied de la lettre, on finit parfois dans une fiction, ou dans un livre composé par un psychanalyste lettré,

 
«… comme si l’on vous avait jeté du sable dans les yeux. »
C’est ce que fait le réel : nous jeter du sable dans les yeux, à tel point que nous finissons par penser que le réel n’est jamais que ce sable qui nous brouille la vue, que ce vent le long de la digue qui nous fait détourner la tête, alors la mer, qui n’est juste qu’une illusion, comme le dit Art Mengo dans une chanson fameuse, « n’existe pas ».

« La mer n’existe pas
Parfois nous la croyons
Mais elle n’existe pas
Ce n’est qu’une illusion »
(« La mer n’existe pas », Michel Armengot, Patrice Guirao).

3.
Les évocations fantastiques de la « vieille servante » confortent Nathanaël dans sa vision fantasmatique du visiteur du soir. Les fictions nous forgent un réel que nos yeux acceptent ou pas (à en devenir fou).

L’Homme au Sable, cet inconnu, cet invisible qui, certains soirs, rend visite à son père, obsède l’enfant Nathanaël.

Visites imprévisibles pour l’enfant ; autant de mauvaises surprises.

« la vapeur odorante et singulière » : l’expression me plaît. Elle n’évoque ni un parfum, ni une odeur. Elle rappelle ces odeurs fantômes qui reviennent parfois du passé, provoquant un subtil, décalage avec le réel où nous existons encore.

L’enfant Nathanaël se fait espion et découvre qui est « l’Homme au sable ». C’est un être repoussant dont ses parents semblent être obligés de supporter les visites.

C’est un avocat, il faut donc l’appeler « Maître ».

Le père et Coppelius en alchimistes ? En sorciers ? « Des yeux ! des yeux ! ».

L’espion émotif se fait prendre.
Le père sauve les yeux de son fils.
De qui parle Maître Coppelius quand il dit : « le vieux de là-haut a parfaitement compris cela ! » ?
Evanouissement de Nathanaël. Fièvre de Nathanaël. « il n’en faut pas accuser mes yeux ».
Disparition et retour de Coppelius.
« Les larmes s’échappèrent des yeux de ma mère ».
« les yeux étincelants » de Coppelius.

Mort du père. Disparition de « l’infernal Coppelius ».
Réapparition en marchand de baromètres sous le nom de Giuseppe Coppola. Le réel se travestit, et comme tout est toujours travesti, masqué, le réel devient pour nous la suite des masques que nous prenons les uns pour les autres.

Trumpistes et poutinistes appellent cela « vérité alternative » et prétendent nous faire prendre leurs masques pour la réalité. Que l’on tente d’ôter leurs masques et de révéler quels coppelius, quels trafiquants de regards ils sont, ils rentrent en furie, nous menaçant de ruine et d’apocalypse nucléaire.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 décembre 2022.

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