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BREFS ET AUTRES

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9 février 2023

FAUTE DE MUSIQUE J'ECRIS DES SOTTISES

FAUTE DE MUSIQUE J'ECRIS DES SOTTISES

1.
Entendu il y a quelques temps une archive de France Culture dans laquelle Jacques Vallée, parlant des cas les plus ahurissants de rencontres du 3ème type, énonçait l'hypothèse que ces témoins étaient victimes d'hallucinations. Il précisait que dans bien des cas, si ces personnes n'étaient ni folles, ni sous influence de stupéfiants, ni en proie à un délire alcoolique, ou à une crise de folie passagère au moment de leurs étranges observations, la question devenait alors : quelle force serait assez puissante pour produire des hallucinations aussi étonnantes que celle des « babas Michelin » ou celles qui alimentent les récits d'abductions ? Il me semble qu'il a évoqué la piste de perturbations du champ magnétique, mais je ne sais pas si cela a réellement un sens.

2.
Si je n'étais pas fumeur, je pense qu'étant donnée ma sensibilité à certains parfums et odeurs, je vivrais dans un autre monde, tombant amoureux plusieurs fois par jour, et fréquentant assidûment marchés et rues passantes.

Je pense assez que cette sensibilité aux atmosphères parfumées est du même ordre que l'enthousiasme naïf, hélas quelque peu estompé, éprouvé lors de ma découverte adolescente des « Fleurs du Mal », de l'Iliade, des chansons de Charlebois et du premier album des Rolling Stones.

3.
En français, on peut évoquer des « cœurs volants ». Ça ne signifie pas que leurs ailes soient faites de plumes et qu'ils gazouillent en arrivant sur vous, belle Aricie. Il serait bête en effet que des chasseurs jaloux abattent de leurs pan-pans funèbres ces cœurs amoureux.

Citation :
« C'est le premier effet de la mort de Thésée.
Préparez-vous, Madame, à voir de tous côtés
Voler vers vous les cœurs par Thésée écartés.»
(Racine, « Phèdre », II, 1 [Ismène à Aricie]).

4.
En français, on peut « craindre qu'un songe » nous « abuse ». Ça, c'est quand on croit qu'on rêve, mais qu'en fait, on songe dans le réel contondant. Donc, comme l'a souligné Lacan, dit-on, on se cogne, et ça fait mal comme dans le réel, parce que c'est bien le réel qu'on songe.

Citation :
« De tout ce que j'entends étonnée et confuse
Je crains presque, je crains qu'un songe ne m'abuse. »
(Racine, « Phèdre »,II, 2 [Aricie à Hippolyte])

5.
En français, Neptune peut vous « donner sa parole ». A condition d'y croire, la parole de Neptune vaut son pesant de mythes. En outre, s'il donne sa parole « par le fleuve aux dieux mêmes terrible » (comprenez le Styx, le fleuve qui mène aux Enfers), c'est qu'elle est irrévocable. Les dieux grecs ne sont pas des comiques. Même si certains d'entre eux se livrent à toutes sortes de galipettes à métamorphoses, quand ils grondent et froncent le sourcil, vous pouvez vous attendre à bien des soucis.

Citation :
« Misérable, tu cours à ta perte infaillible.
Neptune par le fleuve aux dieux mêmes terrible
M'a donné sa parole, et va l’exécuter. »
(Racine, « Phèdre », IV, 3 [Thésée évoquant le sort d'Hippolyte])

Notons que c'est certainement en grec que Neptune donna sa parole à Thésée. Je ne pense pas qu'il l'ait donnée en alexandrins du dix-septième siècle français. Le grec Thésée ne l'aurait pas comprise.

6.
Je pense que la musique est si parfaite (je parle de la musique des compositeurs et des géants du jazz, pas celle des machines à yaourt) qu'elle se moque de nous, qu'elle nous snobe. Entendez comme je garde bien le rythme, comme je danse et cadence et file l'harmonie, semble-t-elle nous chanter, tandis que vous gesticulez fantoche, pantins du réel, dupes à signifiances, bêtes à bouche bée.

7.
En français, on peut dire que les gens vont travailler jusqu'à 64 ans (et plus par la suite, je le pressens) et que tous les jeunes Français vont faire leur SNU. On peut le dire, mais le faire, vous verrez que ce sera nettement moins facile.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 février 2023.

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9 février 2023

6 SOTS, 6 !

6 SOTS, 6 !

1.
En français, l'Immortalité ne peut recruter que si elle siège à l'Académie française où bien des académiciens sont non seulement aussi mortels que Socrate et son chat, mais sont parfois plus rapidement oubliés qu'ils furent élus.
Citation : « Et l'on pouvait prévoir le moment où le recrutement de l'Immortalité deviendrait quasi impossible. » (Gaston Leroux , « Le Fauteuil hanté », chapitre 8, « En France, l'Immortalité diminue »).

2.
En français, quand on ne remue pas du tout (pas de battement de cil, pas un frémissement, rien), on peut ne remuer pas plus qu'une statue. Si l'on est soi-même statue, c'est normal. Si l'on n'est pas plus statue que ça, c'est plus étrange, voire carrément inquiétant si cet état se prolonge. Après, vous vous habillez comme vous vous voulez. Si vous êtes statue, vous n'avez pas eu le choix, mais rassurez-vous, on n'y prête guère attention.

Citation : « L'homme, sur le trottoir, ne remuait pas plus qu'une statue. Il était élégamment vêtu d'un complet jaquette sombre ;... » (Gaston Leroux, « Le Fauteuil hanté », chapitre 11, « Terrible apparition »)

3.
En français, on peut voir « une boîte qui marche ». Quand le roman est écrit au passé, alors c'est « une boîte qui marchait ». Cela ne signifie pas qu'elle marche encore. Mais ça eût marché. Si la boîte marche, c'est qu'elle a des jambes, ou des pattes, ou des chenilles, ou des roues. Il se peut que ce soit un robot. Ou une hallucination. Ou un chat dans la boîte. Ou un canular. Ou un élément d'une phrase dans un roman de Gaston Leroux.

Si la boîte se déplace dans la nuit et sans faire de bruit, c'est qu'elle a quelque chose à cacher, ou qu'elle est respectueuse du sommeil de nos concitoyens. Sinon, elle beuglerait « La Valse brune ».

Citation : « Certainement, il avait vu comme une boîte qui marchait.
C'était une boîte carrée qui avait de petites jambes et qui s'était enfuie dans la nuit, sans bruit. »
(Gaston Leroux, « Le Fauteuil hanté », chapitre 3, « La boîte qui marche »)

4.
En français, un « orgue » peut-être soupçonné d'être « complice d'un crime ». Ce complice peut tout aussi bien être un homme, une femme, un enfant, un revenant, un alien et tout être perspicace et remuant. La question est donc : un orgue peut-il être perspicace ? En tout cas, l'antiquaire du roman « Le Fauteuil hanté » de Gaston Leroux dit bien qu'il n'en sait rien.

Citation : « - Croyez-vous cet orgue complice du crime ?
Je n'en sais rien, répondit d'une façon bien ambiguë l'antiquaire, je n'étais pas là au moment du grand grincement du déclenchement dans la manivelle de la musique de l'air du crime. » (Gaston Leroux, « Le Fauteuil hanté », chapitre 6, « La Chanson qui tue »).

5.
En français, on peut « avoir un « oh ! » qui en dit long ». C'est ce que l'on appelle une exclamation expressive. Ça peut être un « ah ! » ou un « uh ! », mais pas un « z » ou un « y ». Bien qu'il soit expressif, il reste pauvre en informations, et ce n'est pas du « oh ! », ni du « ah ! », ni du « uh ! » que vous apprendrez que C² = a² + b². Mais il produit toujours son petit effet, sauf si vous êtes seul, et que vous vous dites : « ah tiens, je suis seul », ou « oh, je suis bien seul » ou « uh, je suis quand même bien seul ». Et si vous dites « ouille », c'est que vous vous êtes cogné.

Citation : « Cette fois, M. le secrétaire perpétuel sentit un véritable frisson lui parcourir le corps de la tête aux pieds : Le candidat à l'Académie ne savait pas lire !
M. Patard eut un « oh ! » qui en disait long sur son état d'âme. »
(Gaston Leroux, « Le Fauteuil hanté », chapitre 10, « Le calvaire »)

6.
En français, on peut parler d'un « secret » sans savoir ce que c'est. Ainsi, nous parlons des autres sans savoir qui sont-ce réellement que ces gens-là. Les autres sont des secrets. Et vaut mieux pas défois chercher à savoir, à moins que l'autre en question ait commis des malfaisances et que l'on soit policier, juge ou journaliste.

Quand c'est un secret genre « Le Secret des Soucoupes Volantes », le « Secret de la Grande Pyramide », le « Secret de Toth » (poil aux tototes) ou le « Secret de la deuxième chaussette disparue » (poil au...), on n'en sait pas plus, mais on en cause quand même : y a même des gens qui en vivent, de tout ce n'importe quoi là.

Citation : « Eh bien, voilà ! J'étais allé chez lui, parce qu'on parlait beaucoup, depuis quelques jours, du secret de Toth sans savoir ce que c'était. »
(Gaston Leroux, « Le Fauteuil hanté », [Lalouette])

Patrice Houzeau
Malo, le 9 février 2023.

8 février 2023

CAR ÇA SE PRECIPITE SAVEZ

CAR ÇA SE PRECIPITE SAVEZ

1.
« - Chut ! chut ! mademoiselle, répliqua aussitôt la cuisinière.
Et, d'un air à la fois inquiet et mystérieux, elle ajouta :
- Le petit fouinard est là. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », IV, 3 [Marie-jeanne])

Arthur Bernède. « Belphégor ». IV, 3. « Le petit fouinard ». Colette à la machine. Une « figure de catastrophe ». Que se passe-t-il ? Les Martiens ont-ils débarqué ? Le petit chat est-il mort ? Le Grand Soir est-il arrivé ? « -Qu'y a-t-il, Marie-Jeanne ? ».

« Le petit fouinard est là. » Ménardier veut parler à Colette du « gibier » qu'il traque. Le « gibier », c'est Bellegarde, parce que Ménardier n'est pas venu arrêter Landru, qui fut arrêté le 12 avril 1919, et pas par Ménardier, qui n'arrêta pas non plus Arsène Lupin

On ne sait pas ce que Ménardier se chantait dans sa tête, ni même si. Pendant ce temps-là, cheveux, barbes et fleurs poussaient pour la plus grande joie des coiffeurs, des barbiers et des jardiniers ; Charles Trenet avait quatorze ans.

Ménardier attend Chantecoq. Martine attend le train. Prosper attend sa bonne amie. La cruche attend va la cruche à l'eau que la peinture à l'huile c'est bien plus beau que la peinture à l'eau. Colette retourne à la machine.

Chantecoq revient avec Cantarelli (Jacques déguisé) qui reste dans le jardin tandis que le « roi des détectives », de périphrase à périphrase, salue « le petit fouinard ». « Cherchez ». Chantecoq joue sur les mots : « je vous donne ma parole d'honneur que Jacques Bellegarde n'est pas sous mon toit. » Pardi !

Jacques se croit sauvé mais Belphégor a vendu la mèche, a balancé, a mouchardé poucavé renseigné par un petit billet le policier. Cantarelli est arrêté. Scandale en Numismatie !

2.
« Chantecoq venait en effet d'apercevoir, suspendu à l'intérieur du meuble, un mannequin de cire qui reproduisait, à s'y méprendre, les traits de Simone Desroches. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », IV, 4).

Arthur Bernède. « Belphégor ». IV, 4. « Où Chantecoq frappe un grand coup ». « A Auteuil », chez la défunte Simone Desroches, dont le corps a été volé par Belphégor. « Douloureuses pensées » (donc, ni Mme Mauroy, ni Elsa Bergen ne se chantonnent « La Petite Tonkinoise » (1906, paroles de Henri Christiné, musique de Vincent Scotto).

Agitation à Auteuil. La nouvelle de l'arrestation de Jacques Bellegarde fait bouger tous ces gens. On évoque la guillotine. Deux mots désuets : « landaulet » (on dit aussi « landaulette ») désigne un type de carrosserie où les passagers arrière sont couverts par un toit décapotable.
Citation : « Une heure après un élégant landaulet stoppait devant la grille du palais de Justice. » (Arthur Bernède, « Belphégor », IV, 4).

« cipal » : aphérèse de « municipal » ou de « principal ».
Citation : « M. de Thouars griffonna quelques mots sur sa carte, qu'il remit au « cipal » qui montait la garde à la porte du juge. » (Arthur Bernède, « Belphégor », IV, 4).

Le palais de Justice : Maurice de Thouars et Mme Mauroy attendent sur un banc. Des journalistes discutent de la destinée de leur confrère Jacques Bellegarde. « - Quel sale métier, mes enfants ! Quel sale métier. » Un ténor du barreau « pérore ». Il s'appelle Alban Troubarot, - quelle onomastique ! Alban, c'est du blanc comme neige, la vertu défendue ; le « barot » s'entend ; le « trou » itou.

« Elle n'est pas mal. » (considération de Maître Troubarot à la vue de Mme Mauroy). Arthur Bernède le gratine, le bavard, d'autant que Maître Troubarot proclame la culpabilité de Jacques.

« Le même soir vers vingt-trois heures », la modernité aérienne : un avion atterrit près du romantisme des « tours du château de Courteuil baignées par la clarté de la lune ». « casques de cuir », « masques ». On ne les reconnaît pas. Bernède nous dit juste que ce sont « un homme et une femme ». Lüchner, « caché », se décache. Où il est de nouveau question du trésor des Valois.

La lune porte « un lourd manteau de nuage ». Il doit faire froid. Et puis comme ça, on ne voit plus rien. Du coup, pas étonnant que Lüchner et ses deux inconnus « se perdirent dans la nuit ». Pas étonnant non plus « qu'au loin des chiens hurlaient lugubrement... à la mort... » Faut ce qu'il faut pour faire un roman d'un genre à ne pas y mettre un pied, surtout quand vient le soir, ami du criminel.

« A la même heure », car ça se précipite, dans son « suaire noir » des soirs de hantise et d'assassinat, « le Fantôme du Louvre, Belphégor en personne » est à l'affût dans le jardin de l'hôtel de Simone.

Ah oui quand même ! Donc, Elsa Bergen machine dans le « ressort secret ». Arrive Belphégor. Elsa croit que c'est Simone (ah tiens, la morte n'est pas morte), mais c'est pas Simone, c'est pas le Pape, c'est pas l'Inconnu du Nord-Express, c'est pas l'plombier, c'est... c'est... c'est... devinez !

Toujours est-il que se croyant prise, Elsa fait semblant de, ce qui lui permet de, - tchac, un coup de « stylet à lame courte » dedans le faux Belphégor tandis que se pointent Pandore et Vidocq, les toutous de garde, des pas marrants, sinon Elsa pourrait s'enfuir et ça, faut pas.

Elsa est aussi coincée qu'un doigt là où il ne devrait pas se mettre. Va-t-elle « se mettre à table » ? Elle se tait. Et elle le dit, en plus, qu'elle se tait. Mais le lecteur se demande si défois, Belphégor ne serait pas Simone Desroches elle-même qui se serait enlevée elle-même, n'étant pas morte et étant douée pour l'auto-duplication.

Ce mystère est résolu à la page suivante. Je ne vous en dirai rien, puisqu'il s'agit d'un mystère, mais sachez qu'il y est question d'un mannequin.

Donc, Elsa Bergen est mise hors d'état de nuire. Nous savons maintenant qu'elle est une complice de Belphégor.

Pendant ce temps-là, chez Chantecoq, de nouveau se fait entendre cette question annonciatrice d’événements : « - Qu'y a-t-il, Marie-Jeanne ? ». Ensuite, Colette est enlevée à cause d'un « faux-vrai » message de Chantecoq, lequel est le père de Colette.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 février 2023.

7 février 2023

OU L'ON REPARLE DU EN MÊME TEMPS

OU L'ON REPARLE DU EN MÊME TEMPS

« Car des êtres raisonnables sont tous sujets de la loi selon laquelle chacun d’eux ne doit jamais se traiter soi-même et traiter tous les autres simplement comme des moyens, mais toujours en même temps comme des fins en soi. »
(Kant traduit par Victor Delbos)

Kant. « Fondements de la métaphysique des mœurs » traduit par Victor Delbos. « Les êtres raisonnables sont tous sujets de la loi. » « Nul ne doit jamais se traiter ni soi-même ni autrui simplement comme des moyens. » La politique tend à l'ensemble des techniques qui prétendent traiter le citoyen « non seulement comme un moyen mais toujours en même temps comme une fin en soi ». C'est dans ce « en même temps » que se posent les problèmes et que naissent et subsistent tous les doutes.

Ainsi, à l'autre considéré comme une fin en soi se substitue souvent un objectif qui, en fin de compte, déprécie le citoyen. Cet objectif est souvent économique : faire travailler les gens plus longtemps, sous le prétexte de « sauver » le régime de répartition des retraites alors que l’exécutif sait parfaitement que bien des salariés quitteront leur emploi pour des raisons de santé ou parce qu'ils auront été licenciés avant un âge de la retraite de plus en plus reculé, n'est pas ce que j'appelle traiter l'autre comme une fin en soi.

C'est donc par un véritable « vertige des moyens » que, peu à peu, la bonne volonté démocratique se laisse prendre. On substitue de plus en plus souvent à la volonté générale une sorte « d'intérêt supérieur » qui se donne les apparences d'une morale républicaine intransigeante.

Avoir obligé, par l'instauration du contrôle continu et la dévalorisation des diplômes, toute une génération de lycéens à faire des études supérieures qui les appauvrissent et appauvrissent leurs familles, au nom d'une soi-disant « démocratisation » n'est pas non plus ce que j'appelle considérer l'autre comme un moyen (une capacité de travail) en même temps qu'une fin (un être libre et autonome). Nous voyons le résultat de ces sottises technocratiques : les universités françaises sont pleines à craquer cependant que nous manquons de médecins, de personnel soignant, d'enseignants, de militaires, de chauffeurs, etc... Non, Macron n'est pas le génie qu'il croit être.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 février 2023.

6 février 2023

SED NON SATIATA VIRTUOSITE COQUINE

SED NON SATIATA VIRTUOSITÉ COQUINE

1.
Peut-on adorer une « bizarre déité » ? N'est-ce pas le bizarre qui adore le bizarre ? La « brune comme les nuits » rappelle le tabac brun qui brûle les jours, et le café qui blanchit les nuits. Jeanne Duval aussi.

Fantômes invisibles, les parfums. Aussi exotiques que des spectres hantant un rayon de supermarché. C'est quand ils vous reviennent du passé qu'ils sont autrement troublants. La chambre que l'on rouvre après l'absence. Baudelaire a raison, des mondes s'ouvrent dans les parfums.

Distrait, l'universitaire qui mit en note de bas de page que dans le vers « Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane », « obi » signifie, je cite : « Longue et large ceinture de soie japonaise » (cf « Les Fleurs du Mal », Folioplus classiques).

Citons plutôt Pétrus Borel qui, en 1833, dans « Champavert » a noté que « le mot obi désigne doublement la magie et le magicien », lequel est un sorcier africain. Ainsi, la femme désirée est-elle création magique autant que source d'envoûtement, « sorcière ».

« Œuvre » ; « Faust » ; « Sorcière » ; « enfant ». Cercle. Des « nuits » aux « minuits ». Correspondances. Des lointains aux parfums. Parallélisme : 4 hémistiches, 4 noms, 4 compléments du nom.

« Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits, »
(Baudelaire, « Sed non satiata », 1er quatrain)

2.
« constance », « opium », « nuits » : promesses d'ivresses. Rythme régulier du vers « L’élixir de ta bouche où l'amour se pavane », ternaire qui se poursuit dans l'hémistiche suivant : « Quand vers toi mes désirs », pour s'ouvrir sur le « a » de la forme « partent » et l'assonance « caravane ». Salive, cet élixir ? Peut-être. Des « yeux citerne(s) » (!) ; sont-ils grands ? Humides ? Pluvieux ? Larmoyants ? Ah, c'est pas la chanson de corps de garde, la cocasse à digue du cul.

Les « ennuis », qui font le spleen du narrateur baudelairien, délaissent ainsi les vins et l'opium pour boire à la bouche et aux yeux d'une, puisque l'amour s'y « pavane », appelons la « belle d'orgueil ». Fluides.

« Je préfère au constance, à l'opium, au nuits,
L’élixir de ta bouche où l'amour se pavane ;
Quand vers toi mes désirs partent en caravane,
Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis. »
(Baudelaire, « Sed non satiata », second quatrain).

3.
La nuit dans ses yeux, la belle à soupirail. Une cave donc, un souterrain, un lieu caché, propice au « démon sans pitié ». C'est que la beauté baudelairienne est impitoyable (« Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques » écrit Baudelaire dans « Hymne à la Beauté ») et relève plus de la « flamme » infernale que de la « pitié » chrétienne.

Cultivé, Baudelaire qui se rappelle des « Amours » d'Ovide :

« exigere a nobis angusta nocte Corinnam
me memini numeros sustinuisse novem »
(« Amores », Livre III, élégie VII)

« et, pressé par Corinne, j'ai pu, je m'en souviens, soutenir neuf fois l'assaut dans une courte nuit » (traduction, cf Philippe Remacle).

Faudrait-il être le Styx lui-même, le fleuve des enfers, pour satisfaire « neuf fois » la sorcière, la démone, la Jeanne Duval puisqu'on dit que c'est à elle que pensa le poète en composant cette virtuosité pour femme brune. Moi, j'en sais rien. Le titre expliqué : « Sed non satiata » (« mais non satisfaite »). Coquin.

« Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,
Ô démon sans pitié ! verse-moi moins de flamme ;
Je ne suis pas le Styx pour t'embrasser neuf fois, »
(Baudelaire, « Sed non satiata », 1er tercet)

4.
Mis en valeur du « Hélas ! ». C'est qu'il n'est pas, c'est qu'il ne peut. « Mégère libertine » sonne comme un oxymore. Le narrateur est-il effrayé par les exigences de la belle ? La Messaline est-elle trop salée ?
C'est que le narrateur n'a pas l'énergie pour soumettre la démone au rythme régulier de ses reins, « Pour briser / ton courage / et te mettre / aux abois ».
A moins d'être Proserpine (rime coquine avec « libertine »), la jeune fille enlevée à l'amour de la nymphe Cyané par Pluton, le dieu des Enfers, dont elle devint l'épouse.

L'assonance « i », la régularité ternaire des vers 13 et 14, le point d’exclamation final soulignent la tonalité humoristique du sonnet. Virtuosité. Auto-dérision. Superbe.

« Hélas ! et je ne puis, Mégère libertine,
Pour briser ton courage et te mettre aux abois,
Dans l'enfer de ton lit devenir Proserpine ! »
(Baudelaire, « Sed non satiata », second tercet).

Patrice Houzeau
Malo, le 6 février 2023.

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6 février 2023

SOTTISES EN FEUILLETANT LES FLEURS DU MAL

SOTTISES EN FEUILLETANT LES FLEURS DU MAL

1.
Ce ne sont ni salsifis ni saladiers que souvent, pour s'amuser, prennent les hommes d'équipage car ni salsifis ni saladiers ne poussent sur les bateaux. Les albatros non plus. Par contre, les trois caravelles de Christophe Colomb avaient pour nom la Santa Maria, la Pinta, la Niña. Pour faire le « n » avec tilde sur un clavier AZERTY avec pavé numérique, il faut taper ALT + 164.

2.
« Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon »
(Baudelaire, « La Destruction »)

Quand à vos côtés « s'agite le Démon », il se peut qu'il ait une trompette. Dans ce cas, il s'agit d'un démon trompettiste. Il se peut même qu'ironiquement, il vous joue « When the Saints Go Marching In ». Mais il n'y est pas obligé.

3.
« Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme »
(Baudelaire, « Le voyage »)

Quand vous partez, le « cerveau plein de flamme », vérifiez bien que vous avez vos ailes, vos griffes et vos naseaux en bon état. C'est utile lorsque l'on est un dragon. Par contre, si vous êtes employé du gaz, c'est parfaitement inutile, et même dangereux.

4.
« Mais les vrais voyageurs sont ceux-là qui partent
Pour partir ; cœurs légers semblables aux ballons »
(Baudelaire, « Le voyage »)

Si vous partez parce que vous avez entendu des voix dedans votre tête vous dire qu'il faut partir, alors c'est que vous avez un problème d'énonciation interne. Il ne faut pas croire tout ce que vous vous dites.

5.
« Et parfois en été, quand les soleils malsains »
(Baudelaire, « La géante »)

L'un des grands problèmes de l'été, c'est la recrudescence de « soleils malsains ». C'est pour ça qu'il faut partir avec votre temps de chien personnel (pluie, vent, voire un bon coup de vent, ça fait fuir les fâcheux). N'oubliez pas parapluie et imperméable, votre pipe et des romans policiers, ça passe le temps.

6.
« Tu contiens dans ton œil le couchant et l'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ; »
(Baudelaire, « Hymne à la Beauté »)

Quel génie merveilleux que celui de Baudelaire, qui inventa la femme météorologique.

7.
« Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ; »
(Baudelaire, « Hymne à la Beauté »)

D'après Baudelaire, la Beauté marche sur des morts. A condition qu'ils soient bien raides, bien sûr. Parce que s'ils se décomposent, je crains que la Beauté se salisse les pieds. C'est pour ça qu'on les change tous les jours, les morts. Quant à la Beauté, bien sûr, elle s'en moque, n'ayant pas grand chose d'autre à faire, surtout si elle est un peu sotte.

8.
« Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux »
(Baudelaire, « Parfum exotique »)

J'en connais des qui, avec leurs « deux yeux fermés » là, ils ont à peine commencé leur tirade baudelairienne à la Marie, qu'ils ne l'ont pas vue arriver, la gifle.

9.
« J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats »
(Baudelaire, « La chevelure »)

Non, l'arbre qui se « pâme » n'est pas un pamier, et l'homme qui se « pâme » n'est ni forcément un palmé, ni un paumé. Par contre, c'est bien avec des pommes que l'on fait de la compote de pommes, que l'on mange avec du boudin noir et des frites.

10.
« Quand vers toi mes désirs partent en caravane »
(Baudelaire, « Sed non satiata »)

Avec vos désirs là, qui « partent en caravane », si votre aimé(e) se met à aboyer, c'est que vous pouvez passer votre chemin et retourner à la niche. Et si vous êtes du même signe que Lawrence d'Arabie, attention à la traversée du désert, aux embuscades, et évitez la moto.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 février 2023.

5 février 2023

EN REMETTANT MES OREILLES

EN REMETTANT MES OREILLES

1.
Ai vu « Mystère à Saint-Tropez » (de Nicolas Benamou, 2021), avec Christian Clavier (il a grossi), Gérard Depardieu (a-t-il maigri ?), Benoît Poelvoorde. La crétinerie de ce film confinant au génie de l'absurde, j'ai ri.

2.
Sur la couverture d'un de mes exemplaires du « Mystère de la chambre jaune », quelqu'un a laissé une empreinte de main sanglante sur le mur (jaune). Y en a ils ne respectent vraiment rien.

3.
Le nom savant de la sardine est « sardina pilchardus » alors que celui du lion est « panthera leo » ; ça vous a quand même un autre genre de crinière, non ? Il est vrai qu'il est plus facile d'attraper une boîte de sardines (elles pullulent en supermarché) qu'un lion (lequel ne se déplace jamais sans sa savane).

4.
Les articles connexes proposés par Wikipédia sur la page « Oeuf de Colomb » sont : « Nœud gordien », « Superœuf  », « Thinking outside the box », « Problème des sept ponts de Königsberg », « Œuf de Colomb de Tesla ». Pour « Les Cinq Pépins d'orange » et « Le Ruban moucheté », il faut vous reporter à une bonne traduction du recueil « Les Aventures de Sherlock Holmes ».

5.
En général, les petits Français font « yaourt » en LV1.

6.
Ce n'est pas toujours en jouant du tambour que l'on fait venir les trompettes, surtout si elle sont bouchées.

7.
La première phrase de « The Duel », de Joseph Conrad est :

« Napoleon I., whose career had the quality of a duel against the whole of Europe, disliked duelling between the officers of his army. »
Quand je l'aurai apprise par cœur, - ça fait de l’exercice -, je saurai quoi me dire à chaque fois que j'entendrai un ministre de l'éducation nationale trissoter dans le poste.

8.
Ah, ça va être l'heure de l'émission « Le Masque et la Plume ». Je vais remettre mes oreilles.

9.
« On peut imaginer qu'il a appris les règles du jeu sans que jamais une pièce réelle lui ait été montrée. » (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 31).

C'est à propos de la « forme de la figure du roi » dans le jeu d'échecs. C'est à propos de la forme réelle que nous ne pouvons connaître des pièces d'un jeu dont nous ne connaissons les règles que par convention.

10.
En allemand, « Éléphant » se dit « Elefant » ; « Endive » se dit « Endivie » ; « dater » se dit « datieren » ; « caramel », « Karamel » et « der Karneval », c'est le « Carnaval ». Que « changement de direction » se dise « Fahrtrichtungsänderung », je ne sais pas si je m'en consolerai.

11.
Je note une incompatibilité de plus en plus marquée entre le lit où j'aimerais rester et le train que je dois prendre. Que l'on veuille pousser cette incompatibilité jusqu'à 64 ans et plus (je le pressens), voilà qui me chiffonne.

12.
Je ne sais pas ce qu'ils ont tous avec la valeur « travail ». Prendre le train tôt le matin pour aller supporter d'autres sots que soi et régler des problèmes dont, ontologiquement, on se fout, quelle étrange chose.

13.
Tiens, tiens, y aurait de grandes fortunes de France qui évaderaient du pognon dans des trusts canadiens. On parie que ces « indélicats » (pour rester poli) sont très en faveur du recul de l'âge de la retraite pour nous autres, pauvres pommes.

14.
Alors le Grand Pilchard m'apparut et me révéla ce grand secret : les tsars dînent à l'huile. (Variante d'une blague que j'ai faite 18 000 fois et que j'associe, allez savoir pourquoi, à Amélie Nothomb, dont j'aime bien les livres cependant).

Patrice Houzeau
Malo, le 5 février 2023.

5 février 2023

LA TERRE ETANT AUSSI PLATE QU'UN OEUF EST CHAUVE

LA TERRE ETANT AUSSI PLATE QU'UN OEUF EST CHAUVE

1.
Le célèbre « Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur », que dit Hippolyte dans le « Phèdre » de Racine (IV, 2) est un vers monosyllabique. Il ne dépend pas du carré de l'hypoténuse, lequel est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés.

2.
De savoir que dans un triangle rectangle, et non dans l’œuf mayonnaise (attention!), le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés, cela plaira à votre professeur de géométrie, mais n'attendrira pas votre banquier.

3.
C'est en 1927 que Carl Theodor Dreyer réalisa « La Passion de Jeanne d'Arc ». N'étant pas encore ce qu'il n'est plus aujourd'hui, le rôle de la Pucelle ne fut pas proposé à Gérard Depardieu.

4.
La culture, c'est ce qui reste quand on n'a rien inventé.

5.
La population asiatique représentant environ 60% de la population mondiale, celle de la France 0,1 %, et la Terre étant aussi plate qu'un œuf est chauve, je crains qu'un de ces jours bascule la tartine.

6.
« Tu t'entêtes à te foutre de tout
Mais pourvu qu'elles soient douces »
sont deux vers que l'on entend dans une chanson interprétée par Mylène Farmer. On notera l'allitération et l'absence de l'éléphant.

7.
Je lis dans une traduction de « The Duel », de Joseph Conrad, que « He's got the knack fort that sort of thing », peut se traduire par « Il a le coup de main pour ça », et non par : « Il s'est procuré quelques knacks pour agrémenter ses lentilles ».

8.
Adolescent, j'aimais beaucoup les Rolling Stones et me détachais de mes parents. Mes parents sont morts et je n'ai plus d'oreilles.

10.
Sans la littérature et les chicons au gratin, j'aurais beaucoup moins dormi.

11.
Je ne lis « Zazie dans le métro » que les yeux ouverts. Et encore faut-il que j'ai bras et jambes. Surtout les bras, à cause des mains.

12.
Je lis dans le dictionnaire que l’expression « dans les milieux informés » se dit en allemand « in unterrichteten Kreisen ». Cela vaut lorsqu'on en est à prendre de l'âge (« alt werden »), ou à se lier d'amitié avec quelqu'un (« sich mit jemandem anfreunden »), ou encore à acheter des endives (« Endivien kaufen »), où à aller se faire cuire un œuf (« ja, ja, sie können sich verziehen und ein Ei lutschen »).

Patrice Houzeau
Malo, le 5 février 2023.

5 février 2023

NE VOYEZ-VOUS PAS A QUEL POINT POUTINE EST FAIBLE ?

NE VOYEZ-VOUS PAS A QUEL POINT POUTINE EST FAIBLE ?

1.
Une pétition circule : « Non à une 3ème guerre mondiale pour le Donbass ». Le médiocre Arno Klarsfeld à la manœuvre. Ça rappelle le « Mourir pour Dantzig ? » de Déat. Sidération devant la lâcheté de nos compatriotes. De Gaulle est bien mort. Les collabos dansent sur sa tombe.

2.
Ce qu'ils appellent « négociations », c'est un blanc-seing donné  à Poutine. Ce qu'ils appellent « paix », c'est l'assurance d'une domination sino-russe en Europe. C'est maintenant qu'il faut agir, contrecarrer Poutine et assurer l'indépendance de la démocratie ukrainienne.

3.
Ne voyez-vous pas à quel point Poutine est faible et de combien de soldats et de matériel il doit user pour tenter de s'imposer dans le Donbass ? Ne le laissez pas se renforcer, ne le laissez pas transformer les forces vives de la Russie en machine de guerre. Stop Putin NOW.

4.
Soyons clairs. Si on laisse Poutine faire, il va accroître son influence en Europe, nous piquer les matières premières en Afrique et, en fin de compte, nous appauvrir. Nous n'avons pas le choix, président Macron, soit nous l'arrêtons, soit nous collaborons (pouah) et nous soumettons.

5.
Il se trouvera toujours des gens pour être du côté de celui qui a l'air d'être le plus fort. On appelle cela des « collabos ». Ils ont deux arguments principaux :

- cela ne sert à rien de lutter. La France n'est pas de taille face à Poutine.

- négocier avec Poutine, et faire des concessions, c'est réduire le nombre de morts en Ukraine.

En vertu de ces deux arguments, ils ne verraient aucun problème à ce que la France devienne un Etat satellite de la Russie poutinienne. Des « collabos » quoi.

On remarquera que ces deux arguments ont été utilisés en juin 1940 pour justifier l'arrêt des hostilités avec l'Allemagne nazie (« Cela ne sert à rien de continuer le combat, l'armée allemande est la plus forte ; l'arrêt des combats épargnera des vies etc... ») Des « collabos », oui.

6.
Accepterons-nous de négocier avec Poutine sur le dos des Ukrainiens, de l'indépendance de l'Ukraine, de la volonté démocratique ukrainienne ? Peut-être, en fonction, n'est-ce pas, de la « real politik ». Mais dans ce cas, ce serait l'Europe des démocraties que l'on enterrerait.

7.
J'avais écrit, après la crise des subprimes de 2008 et la récession mondiale qui suivit, qu'à l’exemple des conséquences de la crise de 1929, on pouvait s'attendre à l'éclatement d'un conflit meurtrier qui toucherait nos démocraties. Je ne songeais pas alors à l'Ukraine.

8.
Si je comprends bien, l'essentiel est que les Ukrainiens tiennent le coup face à l'actuelle poussée des forces russes, en attendant l'arrivée des armes occidentales promises qui devraient leur permettre de mettre une nouvelle fois Poutine en échec.

9.
Apparemment, Poutine et la Chine ne sont plus les seuls à disposer de missiles hypersoniques... #Darpa (Defense Advanced Research projects Agency) #USAirForce #HAWC (Hypersonic Airbreathing Weapon Concept).

10.
2.02.2023. Lavrov considérant que la Moldavie pourrait subir le même sort que l'Ukraine. Etrange déclaration... A qui s'adresse-t-il exactement ? Dans quel but ? Puisque la Russie est bien loin d'avoir atteint ses objectifs.

S'agit-il de susciter des troubles en Transnistrie ? De fixer certaines troupes de l'OTAN en Roumanie ? Et pourquoi la Russie annoncerait-elle si clairement ses intentions ? Et ce dirigeable qui serait chinois au-dessus des Etats-Unis ? Signaux de plus en plus forts ?

11.
Poutine est un grand homme. Grâce à lui, les marchands de canons du monde entier font des bénéfices records et les entreprises de pompes funèbres russes fonctionnent à plein régime.

Poutine est aussi un grand politique : grâce à lui, l'OTAN et l'UE sont plus soudées que jamais, à tel point que bien des pays demandent à y rentrer le plus rapidement possible.

Enfin, Poutine est un grand économiste : il a tout de même inventé la Bourse en circuit fermé. Sa dernière trouvaille : une monnaie basée sur le rouble, la roupie, le rial et la blague carambar. Ça va faire fureur, c'est sûr, surtout avec un euro qui frise les 77 roubles.

12 .
J'ai comme dans l'idée que si Wagner nous chipe des territoires en Afrique, c'est que la France n'y a pas mis le paquet dans la lutte contre les djihadistes. Et pourquoi donc ? Par manque de matériel et d'investissements. Merci, messieurs les technocrates.

Remarquez qu'il n'y a sans doute pas que ça : il y a peut-être bien aussi la question des pots-de-vin et autres aides au développement détournées, eh oui. Le reste, ce sont de beaux discours.

13.
Une real politik efficace se doit d'être basée sur la ruse. C'est ce qu'avait oublié l'Allemagne. C'est ce qu'avait retenu Poutine. Le bouc émissaire sera sans doute, à un moment donné, Schröder.

14.
3-4 février 2023. Frappe ukrainienne et incendie d’un dépôt pétrolier et d’une usine dans la région de Belgorod. Exécution (par qui ?) du barbouze et propagandiste russe Igor Mangushev. Mali : rumeurs d’avancées de groupes djihadistes, de massacres et d’ultimatum.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 février 2023.

4 février 2023

LES YEUX DU FANTÔME NE SONT PAS DANS LA BOÎTE A GANTS

LES YEUX DU FANTÔME NE SONT PAS DANS LA BOÎTE A GANTS

1.
« - Et il portait sur sa tête un capuchon qui empêchait de distinguer ses traits ?
- Oui... et dans lequel il y avait seulement deux trous qui laissaient apercevoir ses yeux... Oh ! ces yeux... Ce regard... Je ne l'oublierai jamais ! »
(Arthur Bernède. « Belphégor ». IV, 2 [Ferval et Juliette])

2.
Arthur Bernède. « Belphégor ». IV, 2. « La justice travaille ». L’enlèvement du corps de Simone fait sensation. Ce qui attira de nombreux curieux, dont certains avaient une tête, et les autres aussi. On nota la présence d’un borgne, mais il entendait tout.

3.
Les roses « flétries » du tapis. Ça s’est un signe. Le signe que quelqu’un qui portait des roses s’est pris une guitare dans le tapis. Du coup, il est tout désaccordé et les roses se flétrirent, comme dans les romans avec des jeunes filles. Maurice témoigne. Puis Elsa, « troublée ».

4.
Où l’on reparle de la petite porte verte si utile aux romans énigmatiques. C’est une revenante. Mais était-elle fermée à clé ? « En principe, oui »..., mais... mais… mais… mais on ne sait jamais… jamais… jamais… jamais - mais au pot t’as mis ? ou au pot t’as pas mis, dis ?

5.
Quant à la sœur de Simone, elle se sent capable de tout entendre, sauf les émissions pour débiles à la télé. Du coup, elle assiste à l’interrogatoire de Juliette (va-t-elle enfin avouer qui est son Roméo ?). Le « souvenir du Fantôme » réveille des « transes ». Même qu’après, les yeux du Fantôme apparaissent dans le texte.

6.
Arrivée de Chantecoq et Cantarelli. « C'est un vampire qui, la nuit dernière, a enlevé un cadavre. » Si vous entendez cette phrase en sortant de votre boulanger, c’est qu’il n'a pas fermé pour cause de factures d'électricité délirantes, et que vous venez de glisser dans Belphégor.

7.
Où l'auteur utilise la première personne du pluriel – c'est cinématographique - pour nous inciter à « pénétrer » dans le mystère. « Le petit fouinard » est bien content. Jacques Bellegarde une nouvelle fois accusé. La sœur de Simone se pose des questions. Mais tout s’explique et la machine à justifier est bien réglée. Les arguments en faveur de la culpabilité de Bellegarde s'enchaînent et il est assez effrayant de voir comment la police réussit, de bonne foi, à faire d'un innocent un coupable.

8.
Ferval est d'accord avec Chantecoq sur l’explication de l'énigme du corps volé. Il s'agit d'éviter l'autopsie. C'est sur l'identité de l’escamoteur de dépouille que leurs avis divergent. La « clé du mystère » est-elle chez Simone ? Vous le saurez si vous gardez vos yeux pour lire et votre compréhension du français romanesque.

Patrice Houzeau
Malo, le 4 février 2023.

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