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BREFS ET AUTRES

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16 décembre 2022

L'HIVER FIXANT LE FRONT RUSSO-UKRAINIEN

L'HIVER FIXANT LE FRONT RUSSO-UKRAINIEN

1.

15.12.2022. La Douma russe (ou chambre basse, si basse qu'elle ramasse les savonnettes pour Poutine et ses sbires) aurait voté en première lecture une loi dépénalisant les crimes commis en Ukraine dans les régions de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijia durant « l'opération spéciale » (la sale guerre de Poutine en Ukraine) « si l'objectif était de protéger les intérêts de la Russie ». Hypocrisie qui laisse les mains libres à tous les tortionnaires et bouchers de l'armée russe, aux mercenaires de Prigojine et aux Tchétchènes de Kadyrov.

2.

Quand je réfléchis à l'avenir de Poutine, je ne vois pas comment il pourrait se tirer du bourbier dans lequel il s'est engagé. Peut-être en abandonnant soudainement le pouvoir « pour raisons de santé ». Reste à savoir par qui il pourrait être remplacé.

3.

Je pense que les pro-Poutine affichés (Thierry Mariani and co) sont rassurés de voir que le rouble continue de baisser face à l'euro. Je ne pense pas en effet qu'ils aient été, malgré leur grand amour pour Poutine, assez sots pour convertir une partie de leurs économies en roubles.

4.

16 décembre 2022 (9 heures 27) le rouble continue de se déprécier face à l'euro. 1 euro = 68, 86 roubles. A l'ouverture de la Bourse de Moscou, après un très léger rebond, les indices boursiers russes semblent s'orienter à la baisse.

A la clôture, les indices boursiers russe étaient en hausse, sauf RTSI (- 0,32%).

5.

Une fois Poutine vaincu, on peut parier que s'il est remplacé par quelqu'un de plus rationnel, des négociations en coulisses commenceront entre l'Occident et la Russie, sur fond tout de même de méfiance réciproque. Comme au temps de la guerre froide, des accords seront passés et des contrats seront signés afin que l'économie mondiale ne s'effondre pas. Le tout est de se débarrasser de l'archaïsme poutinien.

6.

16.12.2022. Après avoir récemment effectué un audit sur les activités de Binance, le cabinet Mazars (audit, expertise comptable, fiscalité, conseil aux entreprises) prend ses distances avec le secteur controversé des cryptomonnaies et ne travaillera plus avec Binance. ?????????

7.

Après l'annonce par les Etats-Unis de sanctions visant Vladimir Potanine, le propriétaire de Rosbank, la banque russe a décidé de suspendre ses opérations en dollars, euros et dirhams. Vont travailler avec quoi ? roubles, roupies, yuans ? Le marché noir des devises est-il de retour ?

8.

Etant donnée la proximité de plus en plus nette entre l'Iran des mollahs (je n'ai même pas de mots pour désigner ces malfaisances à turban) et la Poutinie, une défaite de Poutine serait aussi une gifle infligée à la théocratie bestiale de Khamenei et consorts.

9.

Si je comprends bien :

a) L'hiver, empêchant des mouvements de troupes de grande ampleur, fixe le front russo-ukrainien.

b) L'Etat-major russe (Sourovikine) poursuit sa stratégie de bombardement des infrastructures ukrainiennes, prépare une large offensive qui sera déclenchée dès que les conditions météorologiques le permettront. La Biélorussie (Lukachenko) y participera-t-elle ?

c) La Russie poursuit sa guerre idéologico-économique contre l'Occident, en tablant sur l'aggravation de la crise énergétique, des troubles qu'elle pourrait susciter en Europe (ce n'est pas gagné, l'image de Poutine s'étant singulièrement ternie, et ses réseaux d'influence étant surveillés de près), en tablant aussi sur la lassitude des populations, et en continuant de mettre main basse, via Wagner (Prigojine), sur un grand nombre de pays africains.

d) L'Occident table sur une aggravation de la situation économique de la Russie (faiblesse du rouble et des investissements, coût de plus en plus lourd en hommes et en matériel de l'effort de guerre) en accentuant la pression par des sanctions de plus en plus ciblées et techniquement affinées et travaille à une diplomatie d'isolement de Poutine en s'assurant la neutralité de fait de la Chine, de l'Inde et plus généralement de tous les pays qui pourraient être tentés par un soutien actif à la Russie. Quid de l'Iran (Khamenei), qui pourrait basculer à tout moment dans une guerre civile ?

e) En ce qui concerne la belligérance numérique, l'Occident se dote des moyens de contrecarrer les cyberattaques, de déjouer les tentatives de contrôler une partie du marché des cryptomonnaies, et surveille réseaux sociaux et dark web : d'où sans doute la disparition d'ici quelques semaines d'un certain nombre d'activités plus ou moins troubles autour des cryptos et la censure d'un certain nombre de médias pro-russes.

f) Mais c'est surtout par l'apport d'équipements et d'armements de plus en plus efficaces et performants que l'Occident aidera l'Ukraine à vaincre l'ennemi russe. C'est peut-être lorsque Poutine tentera une nouvelle fois de conquérir l'Ukraine, que la puissance de l'OTAN et de la Triade réduira à néant les projets du dictateur russe. A moins que d'ici là, Poutine perde la main et le pouvoir.

Patrice Houzeau

Malo, le 16 décembre 2022.

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16 décembre 2022

UN MONSTRE DELICAT AH C'EST BIEN VRAI ÇA

UN MONSTRE DELICAT AH C'EST BIEN VRAI ÇA

Notes sur le poème « Au lecteur » de Baudelaire.

1.

Dans « Au Lecteur », qui ouvre le recueil « Les Fleurs du Mal », Baudelaire commence par dire ses quatre vérités à l'humain que nous sommes :

« La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,

Occupent nos esprits et travaillent nos corps,

Et nous alimentons nos aimables remords,

Comme les mendiants nourrissent leur vermine. »

(Baudelaire, « Au Lecteur »)

Bien sots nous sommes. Bien dans la gourance. Le mal, et pas généreux. Tout ça à brouiller nos cervelles, à agiter nos corps comme on s'agite, pantins. Pis, nos sacs à remords, comme on les gonfle ! Ils en grouilleraient comme la « vermine » sur les « mendiants » ou la soldatesque russe sur le corps de l'Ukraine.

2.

Dans la deuxième strophe, entêtés nous sommes, ne nous repentant que contraints, et avec bien du temps et des ratiocinations. Pis tout « bourbeux des « chemins » (ah est-ce ainsi que les hommes vivent ? Pouah : dégoûtation!). Cupides, nous versons des larmes de crocodiles.

« Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;

Nous nous faisons payer grassement nos aveux,

Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,

Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches. »

(Baudelaire, « Au lecteur »)

3.

Le narrateur baudelairien ne fait pas dans l'éloge de l'humain. Non. Ah non alors. Comparaison du « mal » avec un « oreiller » et évocation de « Satan » qu'il précise « Trismégiste », car il serait en fait Hermès, et même en fait Thot, et même en fait et si ça se trouve, « An Ancient Astronaut », vu que Trismégiste, il est plus Hermès, et donc plus Thot, que The Big Cornu.

« Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste

Qui berce longuement notre esprit enchanté,

Et le riche métal de notre volonté

Est tout vaporisé par ce savant chimiste. »

(Baudelaire, « Au lecteur »)

4.

Serions-nous les fantoches à ficelles du Diable ? Eh bin, faut pas être dégoûté. On descend plus qu'on ne monte. Défois, quand on fréquente l'humain, trop humain, faudrait se boucher le nez. Napoléon, dit-on, en plus qu'il a quand même fait massacrer un tas de pauvres gens, avait peu d'hygiène. Ça n'empêche d'ailleurs ni son génie militaire, ni son talent de réformateur.

« C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !

Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;

Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,

Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent. »

(Baudelaire, « Au lecteur »)

5.

Il est question ensuite d'une « antique catin », ce qui pousse à l'allitération macabre : L'antique catin, à cause d'une sclérose en plaques, décline, et comme l'antique catin est aussi alcoolique, elle décline d'autant plus vite. D'autres antiques catins ont des coliques néphrétiques ; d'autres collapsent en psychiatrie ; d'autres, hydropiques, hémiplégiques, paralytiques ; d'autres, confinées dans des appartements glacés, claquent seules et malodorantes.

Pis qui c'est-y qui s'tape un « plaisir clandestin » ? Et pour qui qu'elle est, la « vieille orange » ?

« Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange

Le sein martyrisé d'une antique catin,

Nous volons au passage un plaisir clandestin

Que nous pressons bien fort comme une vieille orange. »

(Baudelaire, « Au lecteur »)

6.

Du démon dans nos têtes façon vers grouillants (les « helminthes ») et « la Mort dans nos poumons » (les méfaits du tabac ? de la pollution ?). Nous sommes victimes d'un « fleuve invisible » (ah tiens, revoilà le covid). « De sourdes plaintes » : celles des possédés ?

« Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,

Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,

Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons

Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes. »

(Baudelaire, « Au lecteur »)

7.

Qu'tout ça ne finisse pas en guerre civile et en épouvante à massacres semble étonner le narrateur, c'est qu'en son 19ème siècle, il ne pouvait pas se douter des horreurs qui allaient agiter le siècle 20 ; le 21, avec Poutine et sa sale guerre en Ukraine, commençant itou de manière pas mal sanglante.

« Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,

N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins

Le canevas banal de nos piteux destins,

C'est que notre âme, hélas ! n'est pas assez hardie. »

(Baudelaire, "Au lecteur")

8.

Evocation d'un tas de bestiaux bruyants et féroces. Une vraie ménagerie de delirium tremens. C'est bête, nous ne sommes que des bêtes.

« Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,

Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,

les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,

Dans la ménagerie infâme de nos vices, »

(Baudelaire, « Au lecteur »)

9.

Le narrateur annonce que le pire est dans la dernière strophe. Une arme de destruction massive. L'humanité tiendrait-elle au « bâillement » d'un dieu lassé ?

« Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !

Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,

Il ferait volontiers de la terre un débris

Et dans un bâillement avalerait le monde ; »

(Baudelaire, « Au lecteur »)

10.

« L'Ennui » fume « son houka » (une « sorte de narguilé » nous renseigne une note) - l'Ennui est snob – et, tel un psychopathe ordinaire ou un citoyen contrarié, a des songes de sang. On croit qu'il pleure, mais en fait il s'en fout. Le lecteur est le frère « hypocrite » de l'auteur, mais, à mon avis, sa sœur bat le beurre. Un « monstre délicat » : voilà un oxymore qui s'applique à bien des intellectuels. Je me pose la question : Faut-il tellement s'ennuyer pour ouvrir un recueil de Baudelaire ?

« C'est l'Ennui ! - l’œil chargé d'un pleur involontaire,

Il rêve d'échafauds en fumant son houka.

Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,

- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère ! »

(Baudelaire, « Au lecteur »)

Patrice Houzeau

Malo, le 16 décembre 2022.

16 décembre 2022

J'AIME BIEN LES EXEMPLES DE GRAMMAIRE

J'AIME BIEN LES EXEMPLES DE GRAMMAIRE

1.

Amusant comme les exemples de grammaire peuvent stimuler l'imagination. Voici un décor : « Das laufende Kind. Die singende Frau. Blasende Instrumente. Ein tanzender Tee. »

Et une ombre de début de fiction :

« Die bettreffende Person. Eine schreiende Ungerechtigkeit. Der zu findende Weg. Es ist kein leicht zu lösendes Problem. »

Nous avons donc un « enfant qui court » et une « femme qui chante ». Il y a des « instruments à vent ». Serions-nous dans un « thé dansant » ?

Il y a aussi une « personne concernée » par une « injustice criante », un « chemin à trouver » dans une situation (un « problème ») « pas facile à résoudre ».

Je tire ces exemples de la « Grammaire méthodique de l'allemand moderne », de J.M. Pastré (éditions Ophrys, 1983, p.146), et me dis que si ça se trouve, l'auteur a lui-même tiré ces exemples d'une page de roman consulté pour.

2.

J'adore les exemples de grammaire :

Ainsi, cézigue, Dieter, « Er ist nicht mit dem Auto, sondern mit dem Bus gefahren. »

Donc, comme il n'est pas allé en voiture, mais en bus, il n'a pas pu, comme son pote Karl, être motorisé jusqu'à la gare par la jolie Nina : « Sie hat mich zum Bahnhof gefahren », qu'il s'a répéta un tas de fois because Karl, il est un peu bêta.

Comme « Die Fahrt von Wien (Ach, Mozart !) nach Salzburg (Ach, Mozart !) dauert ungefähr 3 Stunden. » (comment ça, « environ 3 heures », le trajet de Vienne à Salzbourg ? Ce « ungefähr » ne me semble pas correspondre à l’exactitude germanique), Dieter a prévu de la lecture : « Die Blechtrommel », de Günter Grass (« Le Tambour »).

Pendant ce temps là, Karl a bien failli manquer le train : « Die Polizei hielt alle Wagen an ». La police, certes, arrêtait toutes les voitures, mais, heureusement et Gott sei Dank, il n'a pas loupé son train, Karl, et « Der Wagen hielt vor dem Bahhof an ». La voiture s'étant arrêtée devant la gare, il chercha Dieter du regard (il était pourtant reconnaissable avec sa jambe en bois, son bandeau noir et son perroquet criaillant que « Vor der Kaserne Vor dem grossen Tor Stand eine Laterne Und steht sie noch davor ») mais il se souvint soudain que le Dieter, « er ist vor zehn Tagen abgereist » (ah oui, ça fait quand même 10 jours qu'il s'est tiré), alors il prit le train tout seul, Karl, en se répétant bêta : « Sie hat mich zum Bahnhof gefahren » tout en s'efforçant de se concentrer sur « Die Blechtrommel », de Günter Grass.

3.

Ne vous mariez pas, les gars. Regardez-moi, je ne me suis pas marié, et je suis quand même tout seul.

4.

Alors Inge dit : « Er sah mich aufmerksam an. »

Donc, comme il la regardait attentivement, elle attira son attention sur un article du journal qu'elle était en train de lire : « Sie hat mich auf einen Zeitungsartikel aufmerksam gemacht », qu'il dit Dieter plus tard. Donc, il lit l'article dans le journal que lui tend Inge. Attentivement. D'ailleurs, il en remarque chaque détail : « Er bemerkt jede Einzelheit. » Il dit aussi que son comportement l'a frappé : « Ihr Verhalten fiel mir auf », et c'est quand il se rendit compte que toute la maison était plongée dans l'obscurité (« Es ist mir aufgefallen, das alles im Haus dunkel war ») qu'il fut étonné de constater l'absence de Inge. Il dit le lendemain que la nuit dernière, il a rêvé quelque chose d'étrange : « Ich habe letzte Nacht etwas Merkwürdiges getraümt ». Alors, il me regarda avec étonnement : « Er schaute mich erstaunt an » et ajouta, j'ai cru que tu étais là. Mais je n'étais pas là : « Mein Name ist Inge, und ich bin tot. »

Il m'arrive de penser que les exemples de grammaire sont hantés. Il y a quelque chose de l'être, là-dedans, quelque chose de ce qui pourrait être là, que l'on pressent, et dont on ressent l'étrange absence.

5.

Sur twitter, une belle version du chant traditionnel ukrainien « Shchedryk » enregistrée en décembre 2022 par des militaires de différents pays membres de l'OTAN. Ce morceau « Shchedryk » est aussi connu sous le titre « Carol of the Bells ». On en trouve plusieurs interprétations sur You Tube, et c'est vraiment très beau.

Patrice Houzeau

Malo, le 16 décembre 2022.

15 décembre 2022

EN ATTENDANT LE NEUVIEME TRAIN DE SANCTIONS ANTI POUTINE

EN ATTENDANT LE NEUVIEME TRAIN DE SANCTIONS ANTI POUTINE

1.

Ah tiens, j'entends parler à la radio de l'abandon par la Chine de la désastreuse politique du zéro covid. Je ne me souviens plus du nom de ce médecin français hystérique qui, au début de la pandémie, disait que les autorités françaises étaient irresponsables de ne pas suivre l’exemple chinois (confinement drastique, isolement complet des cas positifs, distributions de repas par l'armée et autres joyeusetés...) : ah le con.

2.

A propos de connerie, moi je dis ça, je dis rien, mais je m'épate quand même que d'une gifle donnée dans un cadre privé et les pénibles circonstances d'un divorce, on en soit arrivé au lynchage médiatique d'un député, et pourtant je ne l'apprécie guère, le Quatennens.

3.

15.12.2022 : 16 heures 50. Baisse du CAC40 (- 2,91% quand même). 1 euro = 68, 42 roubles : la chute du rouble se poursuit, de même que celle des indices boursiers russes. Le bitcoin yoyotte : hausse hier, baisse aujourd'hui, demain ?

4.

Il y a quelques mois, on évoquait un effondrement possible de l'armée ukrainienne face au rouleau compresseur russe. Certains « experts » et journalistes plus ou moins pro-Poutine disaient que la défaite de l'Ukraine était une question de temps mais qu'elle était inéluctable.

A quelques jours du début de l'année 2023, on constate que les forces russes ont du mal à progresser et ont dû même reculer, que Poutine est isolé, que l'économie russe s'effrite, et que résistance ukrainienne et armements occidentaux feront abandonner à Poutine beaucoup de ses prétentions.

5.

Je ne vois pas l'Occident cesser de soutenir l'Ukraine maintenant. Au contraire ; l'intérêt des démocraties est dans une victoire la plus complète possible de l'Ukraine sur les forces russes. Vaincre Poutine fera réfléchir ceux qui rêvent de ressusciter l'empire rouge.

6.

15.12.2022. Plusieurs sites occidentaux indiquent que l'UE s'apprête à valider un neuvième train de sanctions contre la Russie. Selon le site ZoneBourse, citant Reuters, le « paquet sera formalisé par ce que l'UE appelle une « procédure écrite » d'ici vendredi midi. »

7.

Le 14 décembre 2022, la Fédération de Russie a voté contre l’exclusion de l'Iran de la commission de la condition de la femme de l'ONU : un indice de plus que la Russie poutinienne et l'Iran des mollahs tortionnaires s'entendent comme larrons en foire.

8.

Les propagandistes de la télé poutinienne rêvent debout et élaborent des scénarios qu'on lirait assez plaisamment dans des comics de super-héros américains. Faire exploser une bombe nucléaire au-dessus de l'espace américain ! Ces pauvres zozos auraient à peine le temps de finir leur shot de vodka qu'ils seraient réduits en cendres radioactives.

Patrice Houzeau

Malo, le 15 décembre 2022.

15 décembre 2022

EN RENTRANT CHEZ SES FETICHES

EN RENTRANT CHEZ SES FETICHES

Notes sur le poème « Zone », de Guillaume Apollinaire.

1.

Le recueil « Alcools » (1913), de Guillaume Apollinaire commence par le grand poème « Zone ». Le narrateur avoue sa lassitude du « monde ancien », qu'il voit partout, y compris dans les « automobiles ». Le grand moderne serait le « Christianisme ».

Pour ce qui est du christianisme, il me semble aussi que le catholicisme, bien que les scandales de pédophilie y pullulent, a parfois de ces accents modernes que les autres religions n'ont pas.

A noter cependant ces deux vers qui indiquent une certaine prise de distance du narrateur apollinarien :

« Et toi que les fenêtres observent la honte te retient

D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin »

(Apollinaire, « Zone »)

Peut-être bien que la veille, il en avait pris une sévère, dis, l'Apollinaire.

2.

Le narrateur fait l'éloge de la littérature de rue (« prospectus catalogues affiches journaux », fascicules divers), puis évoque une « jolie rue », une « industrielle », avec « directeurs ouvriers et belles sténo-dactylographes ».

Apollinaire avait-il ce goût qu'avouait aussi Baudelaire pour les rues passantes ? Poésie de la ville en tout cas.

3.

La rue auquel il songe (et dont il a « oublié le nom ») en rappelle une autre, où il n'était « encore qu'un petit enfant ». Prières clandestines « dans la chapelle du collège ». Personnellement, je n'y crois guère et j'aurais préféré un Apollinaire version « Chiche-capon » des « Disparus de Saint-Agil », de Pierre Véry : une bande de gosses qui se réunissent la nuit dans la salle de sciences naturelles « où veille le squelette Martin » comme dit un résumé, ce qui m'enchante.

Prières clandestines donc et anaphore qui se termine par ceci, qui est plaisant :

« C'est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs

Il détient le record du monde pour la hauteur »

(Apollinaire, « Zone »)

Qui rappelle les réflexions de Blaise Cendrars sur les moines lévites dans « Le Lotissement du ciel ».

4.

Apollinaire est très bon quand il s'amuse avec les mots et les sons :

« Ils crient qu'il sait voler qu'on l'appelle voleur

Les anges voltigent autour du joli voltigeur »

Ce sont les « diables dans les abîmes » qui « lèvent la tête » pour regarder Jésus monte-en-l'air.

5.

L'évocation de l'ascension christique entraîne un cortège de noms d’oiseaux : hirondelles, corbeaux, faucons, hiboux, ibis, flamants, marabouts (d'ficelle), « l'oiseau Roc » (n'roll), aigle, colibri, pihis « longs et souples », colombe, oiseau-lyre, « paon ocellé », phénix, sirènes (j'ignorais qu'elles volassent).

6.

Le narrateur se décrit seul et angoissé. « comme le  feu de l'Enfer ton rire pétille ». Evocations de « flammes ferventes », de « Notre-Dame de Chartres » et du « Sacré-Cœur ». Ça flamboie sec : Est-ce pour cela que les femmes que le narrateur croise dans Paris sont « ensanglantées » ?

7.

Le narrateur dépayse sa lyre « au bord de la Méditerranée ». Les « poulpes des profondeurs » effrayent les spectateurs. Ayant la bougeotte, la strophe suivante évoque les « environs de Prague » et entre autres, « tavernes » et « chansons tchèques ».

Puis, ce sont Marseille et les pastèques.

Puis un hôtel à Coblence.

Puis Rome et un « néflier du Japon ».

Puis Amsterdam et Gouda (J'aime bien le gouda. D'une manière générale, j'aime les fromages. Ça me fait penser que je vais les passer sobres, ces fêtes de fin d'année 2022 : il semble quand même que la crise que nous connaissons depuis 1973 (eh oui) s'accélère et s'aggrave singulièrement : faut garder ses sous, moi je crois).

Puis Paris : case prison (l'affaire du vol de La Joconde).

8.

Tous ces voyages et péripéties mélancolisent le narrateur. Il s'apitoie sur lui-même (« à tous moments je voudrais sangloter ») puis s'apitoie sur les « pauvres émigrants » de la gare Saint-Lazare.

Puis, tout mélancolique, il prend un café dans un « bar crapuleux ».

9.

Parfois, le narrateur est dans un « grand restaurant ».

Parfois, il est avec une fille, « une pauvre fille au rire horrible ».

Parfois, il compare la nuit à une « belle Métive » (comprenez ici « métisse »).

Parfois, il évoque des prostituées.

Et comme il ne boit pas que du café, voilà « cet alcool brûlant comme ta vie » et l'occasion d'un chiasme :

« Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie

Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie »

(Apollinaire, « Zone »)

10.

Enfin, bien fatigué du tout ci tout ça dont il cause, il rentre chez ses fétiches qu'il compare à des « Christs d'une autre forme » (il n'a pas tort) et voit dans le soleil une tête tranchée (« Soleil cou coupé » : c'est célèbre et c'est beau).

Patrice Houzeau

Malo, le 15 décembre 2022.

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14 décembre 2022

UNE VICTOIRE ENIGMATIQUE

UNE VICTOIRE ENIGMATIQUE

Notes sur la Préface de « Humain, trop humain », de Nietzsche traduit par Desrousseaux et Albert (le Livre de Poche, « Les Classiques de la Philosophie »).

1.
« Des lacs et des rets pour les oiseaux imprudents » : c'est ainsi que Nietzsche lui-même dans sa préface à « Humain, trop humain », qualifie les pièges que peuvent devenir ses arguments pour des esprits qui exerceraient leurs critiques en volant de travers.

2.

« Une école du soupçon » ; la « vie » vit-elle de la « tromperie » ; vivre, est-ce tromper autant que se tromper ? Les « esprits libres » sont-ils une invention ? De l'utilité des « compagnons et fantômes » de fiction que l'on fréquente et que l'on révoque à son aise.

Poutine, en persistant dans sa sale guerre en Ukraine, sait-il qu'il se trompe tout autant qu'il trompe les Russes ? Je crains la révélation qu'il pourrait se faire à lui-même. Poutine sera-t-il assez fort pour supporter soudain de comprendre, ou restera-t-il dans le déni, prolongeant horreur et bêtise ?

3.

Une « victoire énigmatique », celle sur ses déterminismes que l'on ne peut pourtant pas complètement annihiler, quand bien même on ferait de la philosophie une logique imperturbable, objective, implacable, catégorique et tendant à l'efficacité d'un système administratif.

De là sans doute le goût des pouvoirs totalitaires pour les dogmes « démontrés », le goût des partis extrémistes pour les gouvernances qui fondent l'individu dans la masse des citoyens obéissants, soumis à une norme d'autant plus rigide qu'elle est présentée comme morale, salutaire, verticale, transcendante.

4;
« Tout peut-il être faux en dernière analyse ? » se demande le narrateur nietzschéen, replongeant le lecteur dans le vertige du paradoxe du menteur.

5.

De la « santé débordante » de « l'esprit libre » qui ne peut se passer de la « maladie » puisque cette « santé » est d'autant plus éclatante et renforcée qu'elle se gagne par une victoire sur la « maladie ». Notons qu'il s'agit d'une victoire sur soi-même, et non un appel à éradiquer. Réfléchir n'est pas tuer.

6.

Éloge du lieu d'être : « Qui comprend, comme lui, le bonheur qu'il y a dans l'hiver, dans les taches de soleil sur la muraille ! » Lisant Nietzsche, j'y crois parfois entendre des échos du Rimbaud des «illuminations ».

7.

Des « vertus » non comme des « maîtresses », mais comme des « instruments ». Des contraintes dont on se fait des aubaines, des outils, des armes. Y aurait-il une virtuosité du vrai ? Être authentique, est-ce être virtuose, à la manière d'un danseur, d'un musicien, d'un peintre et d'un poète ?

8.

L'esprit face à « l'énigme de sa libération ». La « vocation » nous voue à ce que « nous ne connaissons pas encore » : nous agissons en vertu d'un avenir que nous ignorons ; « c'est l'avenir qui dicte sa règle à notre présent » écrit Nietzsche.

Une autre lecture, plus positiviste, dirait que c'est en fonction de l'avenir que nous agissons et que donc, les nécessités du futur, nous obligeant à la prévoyance et aux préparatifs, conditionnent le présent. Morale de carriériste, de militant, d'individu responsable, d’expérimentateur, de citoyen modèle, de professeur, de stratège.

9.

« surtout que, dans certains cas, comme l'indique le proverbe, on ne reste philosophe qu'en gardant le silence. »

(Nietzsche, « Humain, trop humain », Préface, 1886).

Se taire, est-ce snober le réel, le désavouer, l'envoyer paître avec tous ses bavards ?

 

Patrice Houzeau

Malo, le 14 décembre 2022.

14 décembre 2022

ALLONS-NOUS DU TRES DIFFICILE AU CATASTROPHIQUE ?

ALLONS-NOUS DU TRES DIFFICILE AU CATASTROPHIQUE ?

1.

Y a-t-il réellement une « fin universelle » légitime dans les religions ? Certains aiment à rappeler à quel point l'idée du Bien, du Mal et d'un au-delà promis faisaient sens au Moyen-Age, ou dans des régimes où l'ordre moral semblait solidement ancré dans les mœurs, et à quel point le monde moderne paraît bassement matérialiste et même décadent. Dans « Humain, trop humain », Nietzsche avance l'idée que cette « fin universelle » n'était basée que sur des « fictions » répondant à des « besoins artificiels » (l'instauration d'un pouvoir d'inspiration « divine », voire de théocraties). Ainsi, le monde moderne, par l'instauration d'un droit dégagé des croyances religieuses, serait plus apte à produire « des institutions destinées à servir les véritables besoins communs de tous les hommes ». C'est cette aspiration qui anime sans doute les courageux contestataires de l'ordre théocratique des mollahs iraniens. C'est contre cette aspiration que bien des gens plus ou moins troubles et de mauvaise foi se réclament d'une défense d'on ne sait quelle sainte Russie éternelle que garantirait un Vladimir Poutine.

(cf Nietzsche traduit par Desrousseaux et Albert, « Supériorité apparente du Moyen-Âge » in « Humain, trop humain », Le Livre de Poche, « Les Classiques de la philosophie », p.308)

2.

Ne sachant pas si Dieu existe ou pas, comment puis-je savoir que cet être, dont l'influence est si réelle en ce monde que certains continuent de s'en réclamer pour justifier massacres, meurtres et conflits, pourrait faire preuve de bienveillance et de compassion envers ma pomme ?

3.

Entendu ce matin (14.12.2022) Bernard Guetta sur France Culture dire qu'en annexant des territoires qu'il ne contrôlait pas militairement, Poutine s'est « lié les mains » et ne pourrait plus faire marche arrière sous peine d'être accusé de « haute trahison ».

J'espère que le diable a plus d'un jésuite dans son sac et que, contraint ou pas, Vladimir Poutine trouvera un moyen d'arrêter sa sale guerre avant que la Russie et l'humanité aient trop à en souffrir.

4.

14.12.2022. Ouverture en baisse à la baisse de Moscou. Un euro = 67,22 roubles (1 rouble = 0,015 euro). Le remplacement du dollar par la monnaie à Poutine n'est pas pour demain.

A la mi-journée, 1 euro = 67,51 roubles et les indices boursiers russes sont toujours en baisse. Il faut, à mon avis, suivre cela de près : des mouvements qui se précipiteraient (à la hausse comme à la baisse) pourraient annoncer des événements majeurs.

A la clôture, 1 euro = 67,98 roubles et les indices boursiers russes toujours en baisse (- 2,59 % pour le RTSI). Cela fait maintenant plusieurs jours que le rouble subit une baisse régulière face à l'euro et au dollar.

5.

Ce qui semble curieux dans l'affaire de corruption au parlement européen (Qatargate), c'est l'amateurisme apparent (genre « valise pleine de billets trouvée au domicile ») : où sont les habituels montages financiers habituels et leurs comptes numérotés dans des paradis fiscaux ?

6.

La Chine de Xi Jinping sera-t-elle assez pragmatique et réaliste pour ne pas soutenir la théocratie des mollahs iraniens, ne pas intervenir dans le conflit russo-ukrainien, continuer à calmer les ardeurs de la Corée du Nord, laisser Taiwan tranquille ?

7.

Eva Kaili démise de sa fonction de vice-présidente au parlement européen. Adrien Quatennens prié de démissionner de son poste de député (on évoque même une plainte déposée par Darmanin). Bernard Laporte démissionnaire. L'élite est en forme.

8.

Que l'on apprécie ou pas Emmanuel Macron, il est qu'en tant que président d'une démocratie libérale membre de l'UE et de l'OTAN, il a décidé du soutien de la France à l'Ukraine et de dénoncer l'agression initiée par Vladimir Poutine.

On peut être en désaccord avec cette décision, mais souhaiter comme certains Français le font l’annexion de l'Ukraine à la Russie, souhaiter la défaite de l'OTAN et des démocraties libérales, et faire sans cesse les louanges de Poutine, je n’appelle pas ça être patriote.

9.

Certains voudraient que la France sorte de l'UE et de l'OTAN. Parmi eux, certains prônent aussi l'abandon du nucléaire, déplorent que la France soit un grand producteur d'armement et pensent que l'on dépense toujours trop pour l'armée. Si on écoute ces bons apôtres, il ne nous resterait plus qu'à apprendre le russe et nous ferions une proie idéale pour les appétits d'un Poutine ou d'un autre du même genre peu démocratique.

10.
Si, comme je l'ai lu, Pap Ndiaye compte se passer d'une partie des remplaçants (contractuels, voire les maîtres-auxiliaires en CDI, je m'interroge,...), le ministre va vite se rendre compte que d'une situation déjà difficile dans certains établissements, il va passer à une situation catastrophique.

Patrice Houzeau

Malo, le 14 décembre 2022.

14 décembre 2022

LE TABLEAU EST TROUE ET LA TARTE BRÛLE

LE TABLEAU EST TROUE ET LA TARTE BRÛLE

Notes en lisant le chapitre 3 de « Trois souris », d'Agatha Christie traduit par Maurice-Bernard Endrèbe.

1.

Pas étonnant qu'après un coup pareil, Molly ait besoin d'un verre de whisky. Un cadavre dans la bibliothèque, ça s'est déjà vu ça. « Quelqu'un sifflotait. » Giles n'est plus dans l'armée.

2.

Qui sera la prochaine souris morte ? Schéma habituel du roman à énigmes : tous cachent quelque chose à l'enquêteur. Je mange des pâtes en écoutant une vieille galette des Who. Il fait un froid sec ; pas de neige.

3.

Personne n'a entendu le piano. On constate un sabotage. Le major fait un compliment à Giles. Un « léger craquement ». Giles se fait plus précis dans ses soupçons.

4.

Molly demande un entretien en particulier. Doutes sur l'âge possible de l'assassin. L'enquêteur avoue qu'il n'est sûr de rien. L'assassin s'amuse-t-il tant que ça ?

5.

L'odeur de cuisine réchauffe le cœur. Qui c'est-y qu'a volé les skis ? Le cauchemar, c'est ce qui revient qu'on voudrait pas. Rapprochement de Christopher et de Molly.

6.

« Il... il vous met des choses dans la tête..., des choses qui ne peuvent pas être vraies ! »

(Agatha Christie traduit par Maurice-Bernard Endrèbe, « Trois Souris » chapitre 3, [Molly])

C'est ainsi que le réel travaille à se rendre compatible avec la façon dont nous nous le représentons.

7.

Molly comprend que son interlocuteur n'est pas celui qu'il a dit être. Aveu. La mort d'une mère. Les dégâts de la guerre. Un pilote tué. Agatha Christie avait, dans ses meilleures intrigues, ce talent de donner à penser que le fond de l'histoire, c'est que la vie est « horrible ».

8.

Un bonheur illusoire. On ne sait jamais vraiment où les gens sont, et même parfois quand ils sont près de vous. Accrochage. Giles ne porte décidément pas Christopher dans son cœur. Condamné par la justice, Bernard Laporte va-t-il prendre la porte ?

9.

La phrase« Je pourrais en avoir pitié » sous-entend que Molly pourrait comprendre chez un autre des sentiments qui pourraient être aussi les siens. On ne sait plus qui est allé à Londres.

10.

Molly et Giles constatent qu'ils sont des étrangers l'un pour l'autre. Des personnalités plus complexes et dissimulées qu'on pourrait croire. Le roman policier comme révélateur.

11.

Mr Paravicini tente de calmer le jeu, fait des suggestions culinaires et des considérations sur le goût des enfants pour le « macabre », propose son aide, sifflote l'air des « Trois Souris », bref, se fait remarquer.

12.

Annonce d'une « expérience ». Un indice dans un manque de tact ? La vérité se trouverait-elle dans la répétition ? Celle de l'air des « Trois Souris » au piano ? On dirait un jeu. Masques brouillés.

13.

Molly compte jusqu'à cinquante. Piano, sifflotement, radio. Peur et conjectures de Molly. Révélations pas tout à fait exactes qui en déclenchent des vraies, et d'autres encore et tout à coup, danger imminent.

14.

« Un sourire d'enfant », un revolver à la main. Quelqu'un sifflote l'indicatif du meurtre. Le major n'est pas major, le sergent n'est pas sergent, le commandant n'est plus commandant, mais on sait maintenant qui est le coupable (« le pauvre diable est complètement cinglé »).

15.

Le coupable n'est ni le perroquet, ni Pavarotti, lequel ne chantera pas l'air des « Trois Souris » (surtout qu'il n'a pas été composé par un Italien). Réconciliations et annonce de comestibles merveilleux. En attendant, il y a un tableau troué et la tarte brûle.

Patrice Houzeau

Malo, le 14 décembre 2022.

13 décembre 2022

ON NE SE MEFIE JAMAIS ASSEZ DES AUTEURS DE ROMANS POLICIERS

ON NE SE MEFIE JAMAIS ASSEZ DES AUTEURS DE ROMANS POLICIERS

 

Notes en lisant « Trois souris », d'Agatha Christie traduit par Maurice-Bernard Endrèbe.

1.

Molly fait l'hypothèse d'un « crime crapuleux ». Mrs Boyle serait-elle sartrienne ? Meurt-on dans des circonstances que l'on a fatalement soi-même suscitées ? Est-on jamais que son propre déterminisme ? Réflexions décalées sur l'étranglement.

2.

Les gens défois ils se ressemblent tellement qu'on dirait des assassins. A Scotland Yard, on interroge. Un « étui d'allumettes », un carnet perdu.

Moi, j'y aurais mis un perroquet qui répéterait du Rimbaud : « C'est elle, la petite morrrte, derrrière les rrrosiers roh ». Mais il n'y a ni chien, ni chat et Molly plus Mrs Boyle, ça en fait deux, pas huit femmes, et encore moins trois souris.

3.
« Trois souris... » et l'on crie. Et si sous ce « feutre rabattu sur les yeux », si dans ce « pardessus boutonné jusqu'en haut » et derrière ce « cache-nez dissimulant », il n'y a avait personne. Si l'assassin était l'homme invisible. L'homme invisible dans la neige. Il y a des témoins.

4.
On suppose que c'est un fou. Mrs Lyon devient Maureen et n'en a pas moins été assassinée. Evocation de Monkswell Manor par Parminter. De l'utilité de la rubrique des mots croisés du « Times ». Scotland Yard appelle.

5.
Chapitre 2. Arrivée du traditionnel major « dont la majeure partie de la carrière s'était passée aux Indes ». Les romans à énigme britanniques sont des conventions : le crime doit y être improbable, le détective impossible et la logique imperturbable.

6.
« L'insistante sonnerie » de la nuit. Un étranger sorti du blizzard. Un « portefeuille bourré de billets de banque » et un nom italien. Mais qu'est-ce qu'il ferait là, Pavarotti ?

Coupés du monde par une neige qui abolirait la modernité des journaux et des téléphones. Molly s'inquiète pour le pain.

7.
Déception d'une femme d'action. Un roux avec une cravate en laine.

De l'utilité des majors sachant manier la pelle. Celui-ci est discret, secret, avisé, « aux aguets ».

Molly répond dans la bibliothèque ; Giles dégage le poulailler. Annonce de l'arrivée du sergent Trotter.

8.
La police ne se dérangeant pas pour rien, surtout si elle se déplace à ski. Rouspétance de la clientèle. Molly prend parti. Où on prend Christopher Wren pour un autre et l'étranger pour un bizarre.

9.
A pas de loup, le loup. De la radicalité de la neige. Un feu que l'on attise comme une curiosité.

L'étranger ne veut pas paraître son âge. Chute du tisonnier, arrêt du tricot, inquiétude raide du major. Trois coups au carreau.

10.

La fiction s'interroge sur la présence de l'enquêteur, défois qu'on l'obligerait à exister. On ne peut plus téléphoner. L'enquêteur s'apprête à prendre des notes.
11.

Un passé douloureux. Soudain le sordide surgit sur la scène du huis-clos et ses airs cocasses. Ébahissement de Molly et de Giles. Se pourrait-il qu'on assassinât au sein de la pension ?

Quant au perroquet absent (il s'appelle Hercule), citant Rimbaud, il n'en raconte pas moins que « le petit frrrèrrre – (il est aux Indes !) là, devant le couchant, sur le prrré d’œillets. »

12.

Molly connaît la comptine. Le meurtrier serait-il un soldat déserteur ? J'ai alors ma petite idée sur l'identité du coupable, qui n'est pas censé être celui que l'on soupçonnerait d'abord. Bien entendu, ce n'est pas le perroquet.

« - Mais, euh, monsieur Houzeau, il n'y a pas de perroquet dans la nouvelle « Trois souris... » d'Agatha Christie.

- Eh, c'est qu'il est bien caché ! En tout cas, c'est mystérieux... »

13.

L'assassin est sans doute déjà là. Giles soupçonne un architecte. Sir Walter Raleigh ramena la pomme de terre des Amériques en Angleterre. « Trois pardessus de couleur foncée », « trois chapeaux mous », un journal venu de Londres.

14.

Evocation de l'idylle Molly-Giles. L'enquêteur s'adresse aux personnages, n'obtient pas de réponse et les met en garde. Tout à l'heure, dans mon demi-sommeil, j'ai vu une porte ouverte, et un chat passer de l'autre côté.

Si l'on en croit Christopher Wren, « Il s'agit d'une plaisanterie imaginée par un dément. Et c'est ce qui la rend si délicieusement macabre. » On ne se méfie jamais assez des auteurs de romans policiers.

15.

Ce que Mrs Boyle aurait dû dire et que le major sait. Certains s'inquiètent ; d'autres plaisantent. Paul boit un verre ; Mary prépare une soupe à l'oignon. Le perroquet évoque du Rimbaud : « La jeune maman trrrépassée descend le perrron – rrron. ».

16.

Pas de téléphone, pas de rapport. Quelqu'un pianote ; quelqu'un sanglote. Quelqu'un « change de visage ». Quelqu'un se rappelle soudain. Quelqu'un a quelque chose à faire. Quelqu'un meurt entre une « causerie sur l'origine et la signification des comptines » et une « conférence sur la psychologie de la peur. » Elle en est où, Molly, avec ses pommes de terre ?

17.

Elle en est où, Molly avec ses pommes de terre ? L'architecte est-il vraiment architecte ? L'étranger est-il vraiment étranger ? Les Trois Souris sont-elles réellement trois ? Qui va enfin faire taire ce perroquet ? Où est cette fichue deuxième chaussette ?

18.
Le capitaine Haddock va-t-il finir par étrangler la Castafiore avec ses bijoux ? Dupont va-t-il finir par comprendre qu'il souffre d'un dédoublement de la personnalité ? Tournesol va-t-il revenir de l'Ouest ? Et qui c'est-y qui a bouffé Milou et qui a marié Tintin ?

Patrice Houzeau

Malo, le 13 décembre 2022.

13 décembre 2022

CE DONT ON SE DOUTAIT SUR LE PARLEMENT EUROPEEN ET SA CORRUPTION

CE DONT ON SE DOUTAIT SUR LE PARLEMENT EUROPEEN ET SA CORRUPTION

1.
Soupçons (très forts apparemment) de corruption au parlement européen. Des députés, dont une vice-présidente grecque, auraient été payés pour favoriser les intérêts du Qatar. Si les faits sont avérés, cela me rappelle que je reste opposé à une Europe supranationale.

2.

Macron, à force de « en même temps » (avec Poutine et Zelensky, avec le Qatar et « les droits de l'homme ») et de n'importe quoi législatif (la réforme Blanquer et ses corollaires, on comprend qu'elle coûte bonbon en aides publiques à l'apprentissage et qu'elle est très moyennement efficace), il va finir par passer réellement pour ce qu'on dit qu'il est.

3.

Avec le retour du covid, Macron doit se dire qu'avec l'inflation, le « tout le monde doit prendre sa part » (fini, le « quoi qu'il en coûte »), et la réforme des retraites, si les Français acceptent et le masque et une 4ème injection, c'est que de Gaulle avait raison.

4.

Selon Medvedev, la Russie à Poutine intensifierait la « production des moyens de destruction les plus puissants », et Medvo de menacer l'Occident. Si la Russie arrive à intensifier quoi que que ce soit avec un rouble et une économie aussi fantomatiques, cela tiendra du miracle.

5.

L'économie russe est une sorte de drap que les propagandistes agitent pour faire croire que le fantôme de la Grande Russie serait encore actif.

6.

Ce dimanche 11 décembre 2022. L'une des vice-présidentes du parlement européen, la députée grecque Eva Kaili a été mise, avec trois autres suspects, en détention provisoire par la justice belge qui la soupçonne de corruption dans une affaire liée aux intérêts du Qatar.

7.

On évoque sur Twitter un SNU (Service National Universel) rendu obligatoire par le fait d'un prince Macron de plus en plus déconnecté ! Ce n'est pourtant pas le moment de jeter l'argent par les fenêtres. La France a besoin d'une armée forte et professionnelle, pas de chantiers de jeunesse !

8.
En rappelant que l'Ukraine est une démocratie agressée par une dictature impérialiste (la Russie poutinienne), Lionel Jospin parle en homme lucide et fait honneur à la fonction de premier ministre qu'il a jadis exercée

9.
Eric Ciotti à la tête de LR va-t-il transformer l'ancien parti gaulliste en doublon du RN ? Quelque chose me dit que les Républicains s'éloignent de plus en plus du chiraquisme. On verra bien, mais je ne suis guère optimiste pour l'avenir de la droite républicaine française.

10.

13.12.2022 à 14 heures 19 : 1 euro = 66,66 roubles. Les indices boursiers russes sont en baisse. Les représentants de Total ont quitté le conseil d'administration du gazier russe Novatek. La sale guerre de Poutine en Ukraine ruine la Russie.

Patrice Houzeau

Malo, le 13 décembre 2022.

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